Une conférence-débat a été organisée jeudi 16 février (de 18h à 19h40) à l’Institut des Hautes Etudes pour la Science et la Technologie (IHEST, Paris 5ème) sur le thème : « Quelles énergies pour demain, quelle place pour le nucléaire ? », avec la participation de :
Michèle Pappalardo, conseiller maître à la Cour des comptes et rapporteur du rapport sur les coûts de la filière électronucléaire,
Jacques Percebois, président de la commission « Energies 2050 » et professeur à l’université de Montpellier.
Michèle Pappalardo a d’abord présenté les conclusions du rapport de la Cour des comptes qui rassemble les données disponibles sur les coûts passés, présents et futurs de la production d’électricité nucléaire en France. Elle a affirmé qu’il n’y a pas de « coûts cachés » et que le coût de production électronucléaire est peu sensible aux incertitudes portant sur les charges futures (de démantèlement et de gestion des déchets). Les méthodes employées par EDF pour l’évaluation de ces coûts sont jugées robustes et sérieuses par la cour (mais sans validation des paramètres techniques).
Jacques Percebois a ensuite évoqué la situation énergétique mondiale et en France dans un contexte de crise économique, puis il a présenté les conclusions du rapport « Energies 2050 ». Il en ressort que la prolongation de la durée de vie du parc nucléaire actuel (sous la condition de l’autorisation de l’ASN) est économiquement la solution la plus avantageuse. L’introduction progressive de la troisième génération, d’une part, et le maintien du développement de la génération 4, d’autre part, sont des options qui ont leur place dans la stratégie énergétique à définir à moyen et long terme.
Jacques Percebois a également insisté sur le fait que les technologies sont prévisibles jusqu’en 2030 mais que beaucoup d’incertitudes existent pour 2030-2050 (développement du stockage de l’électricité, rupture technologique dans le solaire, développement du gaz de schiste, etc.) qui rendent les scénarios peu fiables au delà de 2030.
Ces deux exposés d’une vingtaine de minutes chacun ont été suivis d’un débat d’une heure environ (animé par Christian Guyard, journaliste à Technoscope) sous forme de questions-réponses entre les intervenants et la salle. Parmi les sujets évoqués, on peut citer : les méthodes et le modèles utilisés pour l’évaluation des coûts, les coûts des systèmes de « back-up », le prix du CO2, les coûts des productions dans les autres pays.
120 participants ont assisté à ce débat. La SFEN était représentée par une dizaine de membres dont 4 de la SFEN JG (Guillaume Meyer, Grégoire Bouvet, Bianka Shoai-Tehrani et Fadhel Malouch) !
La vidéo de ce débat sera prochainement disponible sur le site de l’IHEST :
http://www.ihest.fr/activites/parol...
Fadhel MALOUCH pour la SFEN JG
Liens :
Communiqué de presse de la SFEN et le rapport de la Cour des Comptes
Communiqué de presse de la SFEN et le rapport de la Commission "Energies 2050"
L’invitation de l’IHEST, à télécharger ici