Mon parcours universitaire
A l’issue d’une école d’ingénieur généraliste (ESEM) et d’un DEA Matériaux-Minéraux (Université d’Orléans), travailler dans le monde de la recherche s’est imposé à moi comme une évidence. J’ai donc entrepris une thèse au Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) de Cadarache, en co-tutelle avec l’INSA Toulouse, portant sur la décontamination des bétons par voie électrocinétique. Ce sujet m’intéressait tout autant par son aspect scientifique, impliquant l’étude et la modélisation de processus de transports originaux dans un système minéral poreux, que par le lien avec les considérables travaux d’assainissement du génie civil des installations nucléaires à démanteler qu’il impliquait. En 2003, le prix René Houpert de l’Association Universitaire de Génie-Civil (AUGC) vient parachever ces trois années de travail passionnant, de rencontres éclairantes et de découvertes intellectuelles. Je rejoins le CEA Marcoule début 2004, au sein du Laboratoire d’étude de l’enrobage des déchets (L2ED) dans lequel je travaille encore actuellement.
Le Laboratoire d’étude de l’enrobage des déchets (L2ED)
Il est responsable des études concernant l’incorporation des déchets solides et liquides de faible et moyenne activité dans des matrices d’enrobage. Il a notamment pour mission de déterminer et d’optimiser les formulations cimentaires d’enrobage des déchets afin de garantir que les colis de déchets satisfont les spécifications définies par les autorités compétentes. Dans ce cadre, je travaille en étroite collaboration avec les équipes d’AREVA NC, d’EDF, de l’ANDRA, mais aussi du CEA. Les champs d’investigation du laboratoire recouvrent également des recherches plus en amont comme la prospection et l’évaluation des potentialités offertes par de nouvelles matrices minérales d’enrobage (géopolymères). Ce positionnement spécifique, à l’interface entre les producteurs de déchets, les acteurs de la R & D –parmi lesquels nous sommes bien évidemment partie prenante- et les autorités en charge de l’entreposage et du stockage des déchets ainsi que de sûreté, garantit une transversalité des regards et des approches. L’équipe au sein de laquelle j’évolue est donc pluridisciplinaire, cette complémentarité étant pour moi l’un des préalables indispensables à l’innovation. En tant qu’ingénieur-chercheur, j’ai simultanément la responsabilité de l’élaboration de programmes de recherche, de leur réalisation et bien sûr de la tenue des objectifs scientifiques et techniques associés. Cette particularité du travail au CEA permet une vision globale des problématiques tant scientifiques que technico-économiques du domaine ; le développement et le positionnement de thématiques de recherche émergentes et pertinentes en sont d’autant facilités.
La recherche, l’enseignement…et de nombreux loisirs !
Le laboratoire, très dynamique dans sa politique R & D, accueille actuellement six doctorants et trois post-doctorants. Cette démarche garantit l’expertise de l’équipe sur ses domaines de recherches tout en permettant l’exploration de solutions innovantes. La formation de ces jeunes chercheurs représente également pour moi la possibilité de tisser des partenariats, échanges et collaborations avec les acteurs français et internationaux du monde universitaire et de la recherche : des chercheurs de cinq nationalités différentes travaillent actuellement au L2ED, ce qui est en soi une vraie richesse ! Comme plusieurs de mes collègues et parallèlement à l’encadrement quotidien des jeunes chercheurs, je donne également des cours, pour l’essentiel en Master recherche et en école d’ingénieur, sur les thématiques de physico-chimie, formulation et durabilité des matériaux cimentaires mais également sur les transferts en milieu poreux et la décontamination des matériaux de structure. Ces interventions, riches d’interactions et d’interrogations sur le domaine plus général de l’énergie nucléaire, engendrent souvent, tant du côté des étudiants que du mien, une réflexion critique sur ces sujets passionnants, ce qui est après tout le propre de la science. Ces activités captivantes, et bien que très prenantes, me laissent néanmoins le temps de pratiquer les arts-martiaux et la photographie au sein du photo-club de Bagnols-sur-Cèze. Du côté des activités culturelles ? Le théâtre bien sûr, pour lequel la réputation d’Avignon n’est plus à faire !
