Fukushima : note d’information de la SFEN : 2 avril 2011
Contribution de Jean-Pierre Pervès, président du GR 21
Etat des installations
La situation dans la centrale de Fukushima s’est stabilisée sans qu’une mise à l’arrêt froid des réacteurs accidentés n’ait encore été réussie (voir le site de l’ASN, Autorité de Sûreté Nucléaire française : http://www.asn.fr). Les évolutions récentes les plus notables sont la mise en sécurité des deux réacteurs 4 et 5 (les moins touchés par l’accident), la mise sous tension de toutes les salles de contrôle, une réalimentation des installations en eau douce en remplacement de l’eau de mer et une meilleure maîtrise du niveau d’eau dans les piscines de stockage des combustibles. Par ailleurs la puissance résiduelle à évacuer sur chacune des centrales accidentées a diminué par décroissance radioactive d’un facteur 5 environ par rapport aux premières heures et s’établit à deux pour mille de la puissance avant le séisme. Des informations à jour sur l’état des 6 réacteurs du site ainsi que sur les piscines de stockage des combustibles usés peuvent être trouvées sur le site de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), expert auprès de l’Autorité de sûreté française : http://www.irsn.fr/FR/Documents/home.htm, et sur le site de l’Autorité de sureté japonaise : http://www.nisa.meti.go.jp/english/files.
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Areva va mettre en place un procédé de décontamination de l’eau pour Fukushima
L’électricien Tepco a accepté mi-avril une solution proposée par Areva pour traiter l’essentiel des eaux contaminées de la centrale accidentée de Fukushima, qui empêchent de remettre en état le réseau électrique et les circuits de refroidissement de la centrale. Areva a envoyé depuis fin mars des spécialistes du traitement des effluents radioactifs pour participer à des groupes de travail avec Tepco. Soutenus par des équipes importantes en France, Allemagne et aux Etats-Unis, ils ont proposé une méthode reposant sur un principe de co-précipitation développé par Areva et utilisé dans les installations de Marcoule et La Hague, qui consiste à utiliser des réactifs chimiques spécifiques permettant de séparer et récupérer les éléments radioactifs. Areva dispose de solutions pour ensuite traiter et gérer ces éléments. Areva a également utilisé les compétences de Veolia Water, et une station d’épuration de gros débit, équipée du procédé de co-précipitation sera livrée par Areva pour réduire très significativement les niveaux de radioactivité des eaux traitées qui pourront être réutilisées dans les circuits de refroidissement de la centrale. Répondant à l’urgence du moment, cette solution peut être utilisée en parallèle avec d’autres procédés, elle pourrait être complétée par d’autres actions à moyen et long terme.
Création d’une zone interdite autour de la centrale de Fukushima
Le rayon d’évacuation de 20 km mis en place autour de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima va devenir zone interdite, afin d’éviter que des personnes évacuées y retournent en dépit de risques pour la santé, a annoncé le Premier ministre japonais le 21 avril, à l’occasion d’une visite dans la région de la centrale. Quelque 80 000 habitants ont été évacués de ce rayon de 20 km. L’interdiction vise à permettre un contrôle strict de la zone. Chaque famille réfugiée hors de ce périmètre aura cependant le droit, dans les semaines à venir, d’envoyer l’un de ses membres, durant deux heures seulement, pour récupérer des biens abandonnés dans son ancien domicile. Il devra être équipé de vêtements de protection et d’un dosimètre individuel pour mesurer la radioactivité.
L’opérateur de la centrale, Tepco, estime qu’il faudra encore environ trois mois pour commencer à réduire la radioactivité et entre six et neuf mois pour refroidir les réacteurs.
L’accident de la centrale de Fukushima reclassé au niveau 7 sur l’échelle INES par les autorités japonaises
L’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) a indiqué le 12 avril dans un communiqué que son homologue japonaise (NISA) a reclassé l’accident affectant les réacteurs 1, 2 et 3 (considéré comme un seul événement) du niveau 5 au niveau 7 sur l’échelle INES. "Ce classement a été établi sur la base de l’estimation de l’activité totale rejetée à l’atmosphère" (de l’ordre d’une centaine de milliers de térabecquerels)", précise l’ASN. Sur cette base, l’Autorité de sûreté japonaise estime que le rejet radioactif à l’atmosphère s’élève à environ 10 % de l’activité totale rejetée en 1986 lors de l’accident de Tchernobyl (de l’ordre du million de térabecquerels). Le niveau 7 est le niveau maximum sur l’échelle INES ; il s’applique à un rejet dans l’environnement correspondant à une activité équivalente au rejet à l’atmosphère de plusieurs dizaines de milliers de térabecquerels d’iode 131.
Les autorités japonaises ont informé qu’il s’agissait d’une évaluation préliminaire devant être validée par l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA).
Renforcement des normes de sécurité dans les centrales nucléaires japonaises
L’Agence de sûreté nucléaire japonaise a ordonné le 9 avril à tous les opérateurs de centrales nucléaires de l’archipel d’augmenter le nombre de générateurs de secours afin de pallier une éventuelle coupure de courant causée par un séisme ou un tsunami. Elle a demandé qu’au moins deux générateurs fonctionnant au diesel soient affectés à chacun des 55 réacteurs installés au Japon, même s’ils sont arrêtés. Selon les normes de sécurité actuelles, les opérateurs n’étaient tenus de prévoir qu’un seul générateur de secours pour les réacteurs a l’arrêt.
Cette décision est intervenue au lendemain de la forte réplique de magnitude 6,6 qui a frappé dans la nuit du 7 au 8 avril le nord-est du pays, provoquant quelques problèmes sans gravité pour certaines centrales nucléaires de la région. La centrale nucléaire de Higashidori a dû ainsi fonctionner temporairement sur un seul générateur, les deux autres étant en maintenance, au moment de la secousse.
L’OMS va lancer une étude épidémiologique au Japon, conjointement avec les autorités japonaises
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué mi-avril qu’elle va mener, conjointement avec les autorités Japonaises, une grande étude épidémiologique pour détecter l’apparition d’un éventuel excès de cancers en lien avec la crise nucléaire à Fukushima. Comparable à la surveillance conduite sur les survivants des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, qui a servi de base à l’élaboration de normes de radioprotection internationales, la nouvelle étude sera menée sur une génération, pendant dix à vingt ans. Elle devrait débuter une fois passée la phase de la réponse aiguë à la crise nucléaire. La réflexion sur la méthodologie à appliquer est déjà en cours, afin de définir l’échantillon de population et les tests à pratiquer.
Areva envoie huit experts supplémentaires à Tokyo
Huit experts d’Areva sont allés le 11 avril à Tokyo renforcer l’équipe du groupe déjà en place. Spécialisés, notamment, dans la gestion des combustibles usés, dans la décontamination d’effluents radioactifs, dans la gestion de site contaminé ou dans les réacteurs à eau bouillante, ils vont analyser l’aide susceptible d’être apportée à TEPCO sur ces différents thèmes. Ils ont intégré les groupes de travail auxquels participaient déjà les spécialistes en traitements des effluents et en radioprotection envoyés préalablement par le groupe.
Restrictions sur les exportations japonaises de produits alimentaires
L’Inde a décrété le 5 avril une interdiction totale des importations de produits alimentaires japonais, pour une durée de trois mois éventuellement renouvelable. C’est le premier pays à appliquer une telle décision. La Chine, Taïwan, Singapour, la Russie et les Etats-Unis ont limité leurs interdictions aux produits venant de certaines régions du Japon. L’Union européenne, qui a introduit depuis le 24 mars des contrôles à l’entrée des produits venant de ces régions, a décidé début avril d’abaisser le niveau de radioactivité autorisé en s’alignant sur les normes du Japon, déjà très sévères, a annoncé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. L’UE appliquait jusqu’ici les plafonds de radioactivité fixés en 1987, après Tchernobyl. J. M. Barroso a toutefois souligné que cette modification interviendra uniquement "par précaution", tous les contrôles réalisés jusqu’à présent ayant fait apparaître des "niveaux de radioactivité négligeables, en tout cas très en-deçà des valeurs limites européennes ou japonaises".
Pas de conséquences sanitaires attendues pour des Français ayant séjourné au Japon après l’accident
Les contrôles radiologiques effectués par l’IRSN du 15 mars au 7 avril pour 144 Français à leur retour du Japon après l’accident de Fukushima montrent que leur contamination par des polluants radioactifs est "soit inexistante, soit très faible, et en tout état de cause sans conséquences sanitaires attendues", a fait savoir l’institut le 8 avril., 144 personnes ayant séjourné au Japon après l’accident de Fukushima ont fait l’objet d’un examen par anthroporadiamétrie à l’IRSN, sur son site du Vésinet (Yvelines), pour évaluer les doses reçues. 78 personnes ne présentaient aucune trace de contamination. Sur les 66 autres, les examens révélaient la présence soit d’iodes seuls, soit d’iodes et de tellures, soit d’iodes, de tellures et de césium. Les doses thyroïdiennes dues à l’exposition à l’iode radioactif s’échelonnaient entre 0,01 et 1,3 mSv et les doses "corps entier" dues à l’ensemble des contaminants radioactifs absorbés, entre 0,001 et 0,08 mSv. A titre de comparaison, la dose corps entier reçue annuellement par les Français est en moyenne de 3,7 mSv, dont 2,4 mSv dus à la radioactivité naturelle, 1,3 mSv aux diagnostics et traitements médicaux, et 0,03 mSv aux autres sources de radioactivité artificielle. Les évaluations dosimétriques de cette cohorte de 144 personnes ont été considérées comme suffisamment représentatives pour que l’IRSN "considère injustifié de poursuivre les examens" sur les Français revenant du Japon. Une position qui pourrait être revue pour des circonstances individuelles particulières, ou en fonction de l’évolution de la situation environnementale au Japon, a précisé l’institut.
Nucléaire : la "question centrale" est la "sûreté", pas la sortie, selon Jean-François Copé
"La question centrale du nucléaire est celle de la sûreté, ce n’est certainement pas celle de la remise en cause de notre indépendance énergétique avec le nucléaire", a déclaré le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé le 6 avril devant l’Association des journalistes parlementaires (AJP). "Dans nos sociétés post-modernes, le risque zéro est inatteignable", a ajouté le secrétaire général de l’UMP, en référence à l’accident de Fukushima. "A nous de renforcer la sûreté", a t-il estimé. "Je ne crois pas responsable d’en appeler par contrecoup à la réduction de la part du nucléaire dans notre indépendance énergétique alors même que nous n’avons rien à lui substituer", a t-il expliqué, jugeant que "les énergies alternatives et en particulier le photovoltaïque ne sont pas d’un point de vue technologique suffisamment au point".
EDF propose à l’ASN la création d’une "task force" d’intervention rapide
EDF a présenté le 21 avril à l’Autorité de Sûreté Nucléaire ses premières propositions pour renforcer la sûreté et la maîtrise de son parc de production nucléaire, suite à l’accident de Fukushima. Parmi celles-ci : l’évaluation des moyens techniques et humains d’ores et déjà prévus en cas d’accident au meilleur niveau ; la création d’une "task force" nationale d’intervention rapide d’EDF, pour renforcer le dispositif de crise, constituée de matériels complémentaires d’apport en électricité et en eau, avec des moyens de transports et humains dédiés, mobilisables dans les 24 à 48 heures, à l’échelle d’un site, qui viendra compléter l’actuelle organisation de crise du groupe ; et un ré-examen approfondi de la conception des centrales pour s’assurer des marges de sûreté des installations face à des événements tels que séismes, inondations, pertes d’alimentations électriques et de refroidissement. Ces revues, engagées d’ici fin 2011, concerneront tant les réacteurs que les piscines de stockage du combustible. Elles seront menées sous le contrôle de l’ASN et s’intégreront aux audits de sûreté des centrales nucléaires françaises que va mener l’ASN à la demande du Premier Ministre, conformément à la réalisation des tests de résistance demandés au niveau européen.
Etude sur la sûreté des installations nucléaires : un premier rapport de l’Office parlementaire pour le 30 juin
L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a décidé de traiter en deux temps la saisine qui lui a été confiée sur "la sécurité nucléaire, la place de la filière et son avenir". II a adopté, le 14 avril, les propositions de ses rapporteurs - Bruno Sido, sénateur UMP de Haute-Marne et premier vice-président de l’Office ; et Christian Bataille, député socialiste du Nord — visant à présenter le 30 juin un premier rapport d’étape, consacré à la sûreté des installations nucléaires. Le rapport définitif, plus spécifiquement consacré à l’avenir de la filière, est, lui, annoncé pour la fin de l’année. L’étude sur "la sécurité nucléaire, la place de la filière et son avenir", est issue d’une saisine conjointe du bureau de l’Assemblée nationale et de la commission de l’Économie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire du Sénat.
Allemagne : un projet de loi pour accélérer la sortie du nucléaire
La chancelière allemande, Angela Merkel, a annoncé le 15 avril, à l’issue d’une réunion avec les ministres-présidents des 16 Länder, un projet de loi sur l’énergie qui vise à accélérer la sortie du nucléaire. Ce projet devra être prêt le 6 juin pour une adoption par les deux Chambres du Parlement d’ici au 17 juin et devra présenter les actions alternatives retenues pour compenser l’arrêt de la production électronucléaire. L’éolien avec stockage d’énergie, l’extension des réseaux électriques (notamment les lignes à haute tension), l’accélération du programme d’isolation des bâtiments sont les principales pistes évoquées jusqu’à présent. Après l’accident au Japon, la chancelière avait d’abord annoncé un moratoire de trois mois sur toutes les prolongations de durée de vie de réacteurs allemands, puis la fermeture pour trois mois également des 7 tranches les plus anciennes. En 2000, l’Allemagne avait décidé de fermer ses 17 centrales nucléaires au plus tard en 2021, mais le gouvernement avait décidé le 28 septembre dernier de prolonger de 12 ans en moyenne la durée d’exploitation de ces centrales.
AIEA : le monde doit changer son approche du nucléaire après Fukushima
Le monde va devoir modifier son approche sur l’énergie nucléaire suite à la crise nucléaire en cours à la centrale de Fukushima 1 au Japon, a déclaré à Vienne le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie nucléaire (AIEA) Yukiya Amano. "La crise à Fukushima Daiichi a des implications énormes pour l’énergie nucléaire et nous confronte tous à un défi majeur", a-t-il indiqué dans un discours d’introduction à une réunion de la Convention sur la sûreté nucléaire (CSN) début avril. "Nous ne pouvons pas reprendre une approche routinière" après un tel accident, a-t-il ajouté. La CSN, ratifiée par l’ensemble des pays disposant de centrales nucléaires, est entrée en vigueur en 1996 après les catastrophes de Three Mile Island et de Tchernobyl. Elle vise à améliorer la sûreté dans l’exploitation des réacteurs électronucléaires. Ses experts se réunissent tous les trois ans sous l’égide de l’AIEA pour faire le point.
Le Royaume-Uni reporte sa décision d’autorisation de principe pour l’EPR et l’AP1000
Les autorités britanniques du nucléaire ont annoncé le 5 avril un report de leur décision sur les autorisations de principe sur la technologie EPR proposée par les groupes français Areva et EDF, ainsi que sur le réacteur AP1000 de l’américain Westinghouse (groupe Toshiba), qui étaient attendues en juin, ceci afin de s’assurer que les "leçons ont été tirées des événements du Japon". Cette autorisation de principe ne pourra intervenir qu’après la remise, en septembre, d’un rapport commandé par le gouvernement à un responsable du superviseur britannique du nucléaire, Mike Weightman.
Le Parlement européen ne parvient pas à définir une position commune sur la sûreté nucléaire
Les députés européens réunis le 7 avril à Strasbourg n’ont pas réussi à adopter un texte commun sur la sûreté nucléaire européenne, suite à l’accident de Fukushima. La Droite, les Libéraux, les Socialistes, les Verts et l’extrême-Gauche s’étaient mis d’accord sur un projet de résolution affirmant notamment le rôle de l’Union dans la supervision des tests de résistance auxquels doivent être soumis les réacteurs nucléaires européens cette année, et invitant à un moratoire sur la construction de nouveaux réacteurs "du moins pendant la période" de réalisation et d’évaluation de ces tests. Mais le texte a finalement été rejeté par 264 voix pour, 300 contre et 61 abstentions. Les députés français et polonais du groupe PPE (Droite) ont majoritairement rejeté le texte en raison de leur opposition au "moratoire". Plusieurs députés allemands de ce groupe ont en revanche approuvé la motion. Les Socialistes se sont eux aussi opposés au texte, après le rejet d’un amendement invitant les "Etats membres à préparer des stratégies envisageables pour une sortie du nucléaire à moyen ou à long terme".
ITER : le CEA retient Bull pour fournir le supercalculateur de Rokkasho
Au sein du projet ITER, le CEA, pour le compte de F4E (Fusion For Energy, agence européenne pour la construction d’Iter et l’Approche Elargie) est en charge avec JAEA (Japan Atomic Energy Agency, agence japonaise pour la construction d’Iter et l’Approche Elargie) de la mise en œuvre et de l’exploitation du centre de calcul qui abritera le supercalculateur de Rokkasho. Dans ce cadre, le CEA a retenu Bull mi-avril pour équiper et assurer la maintenance et l’exploitation du futur centre de calcul qui sera installé à Rokkasho (Japon), au sein de l’International Fusion Energy Research Center (IFERC). Destiné à permettre les modélisations/simulations les plus avancées dans le domaine des plasmas et des matériaux pour la fusion contrôlée, cet équipement sera mis à la disposition des chercheurs européens et japonais pour une période de 5 ans, à partir de janvier 2012. La puissance crête du supercalculateur, de près de 1,3 pétaflops (pétaflop = un million de milliards d’opérations de calcul par seconde) le place parmi les plus puissants systèmes au monde.
ONET Technologies forme une joint venture avec l’entreprise indienne PCI Ltd
Le fournisseur de services nucléaires français ONET Technologies a décidé de prendre position sur le marché du nucléaire civil indien en établissant une joint venture, le 6 avril 2011, avec la société PCI Ltd, située à New Delhi, qui travaille dans le domaine de l’énergie conventionnelle. ONET Technologies détiendra 70 % des parts de la joint venture, dénommée "ONET Technologies India", et PCI Ltd 30 %. PCI Ltd est une société du groupe indien PRIME qui fournit des solutions techniques dans le secteur de l’électricité pour des sociétés telles que BHEL, ABB et L&T. La société fournira des services pour l’industrie nucléaire tels que l’expertise, l’ingénierie de conception, la maintenance, le démantèlement et le management des déchets. Dans la phase de démarrage, la joint venture s’appuiera sur les installations de PCI pour former les ingénieurs indiens au nucléaire.
Areva et le bulgare BEH signent un accord de coopération dans les énergies nucléaire et renouvelables
Areva et le groupe public bulgare Bulgarian Energy Holding ont annoncé le 13 avril la signature d’un protocole d’accord visant à développer des projets d’énergies propres s’appuyant sur les technologies du groupe. Partenaire de longue date de la Bulgarie, Areva "entend accroître sa contribution au programme nucléaire civil du pays et apporter son soutien dans le développement de source d’énergies renouvelables locales dont l’éolien et la biomasse". Le texte prévoit la coopération éventuelle dans de nouveaux projets nucléaires sur les sites de Kozloduy et Belene. Il porte également sur l’élaboration d’une politique et de solutions de gestion du combustible, dont le recyclage. L’accord comporte par ailleurs une coopération en matière de sûreté nucléaire et de normes associées. Les parties étudieront ensemble le développement scientifique et technique dans le domaine de la sûreté ainsi que la formation visant à améliorer les compétences des experts nucléaires et l’échange d’expérience.
La Pologne n’abandonnera pas son programme nucléaire
La Pologne n’abandonnera pas son programme nucléaire, a déclaré le 12 avril la commissaire du gouvernement polonais à l’Industrie de l’énergie nucléaire Hanna Trojanowska lors d’une conférence qui a rassemblé à Varsovie les coopérateurs de l’entreprise américaine Westinghouse. Le sujet principal des discussions était l’impact de la crise de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon sur les affaires nucléaires. Westinghouse, ainsi qu’Areva et l’entreprise américano-japonaise GE-Hitachi, sont des fournisseurs potentiels de technologie nucléaire à la première centrale nucléaire de la Pologne. Le fonctionnement réussi depuis 50 ans des centrales nucléaires dans le monde prouve que l’énergie nucléaire est un choix raisonnable, estime-t-elle. "La mise en œuvre du programme nucléaire en Pologne est un élément important de la diversification de nos sources énergétiques", a ajouté le responsable. Selon un plan présenté par le gouvernement, le premier réacteur de la première centrale nucléaire en Pologne serait opérationnel en 2020. Deux autres centrales nucléaires seraient construites d’ici 2030 avec chacune une capacité d’environ 3000 MW.
Areva : accord sur la gestion des emplois et compétences
Areva : accord sur la gestion des emplois et compétences
Areva a annoncé début avril avoir signé avec la Fédération européenne des métallurgistes (FEM) un accord sur la gestion prévisionnelle des emplois et compétences qui concerne les 35 000 salariés du groupe en France, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en Espagne et en Suède, où le groupe est implanté. Selon Areva, "l’originalité de cet accord est de prévoir des modalités pour les salariés du groupe au niveau européen, notamment en déterminant le nombre d’heures de formation par salarié et par an". L’accord fixe ainsi "un objectif de 30 heures de formation par salarié et par an en Europe", précise le communiqué. Il prévoit également "des mesures pour faciliter le développement professionnel et la mobilité interne de chaque salarié", notamment via la "création d’un Observatoire des Métiers européen".
Etats-Unis : Exelon va fusionner avec Constellation Energy
Les producteurs américains d’électricité Exelon et Constellation Energy ont annoncé le 28 avril leur intention de fusionner pour former un groupe qui sera le numéro un de l’énergie nucléaire dans le pays. Il conservera le nom Exelon et sera basé à Chicago, où l’actuel Exelon est implanté. Le nouvel Exelon sera présent dans 38 des 50 Etats américains, ainsi que dans les provinces canadiennes de l’Alberta et de l’Ontario. Ce sera le deuxième fournisseur d’électricité aux particuliers. 55 % de son parc sera nucléaire (19 GW sur ses 34 GW de capacité de production), 24 % de ses capacités reposeront sur le gaz naturel et 8 % sur l’hydraulique et les énergies renouvelables. A l’issue de la fusion, les actionnaires actuels d’Exelon détiendront 78 % de la nouvelle société, contre 22 % pour ceux de Constellation.
Allemagne : EON, RWE, Vattenfall et EnBW décident de suspendre provisoirement le paiement d’une taxe
Les quatre groupes énergétiques allemands opérateurs de centrales nucléaires - EON, RWE, Vattenfall et EnBW - ont indiqué début avril qu’ils suspendaient provisoirement, dans un premier temps pendant la durée du moratoire de trois décidé par le gouvernement mi-mars, leurs paiements à un fonds écologique qui avait été créé en contrepartie de l’allongement de la durée de vie des centrales nucléaires. Le gouvernement a déclaré "prendre acte" de ce fait et n’a pas exclu la perspective d’une renégociation de l’accord avec les groupes. Le gouvernement doit en effet mettre au point une nouvelle politique énergétique d’ici juin. D’après la Fédération allemande des l’économie de l’énergie et des eaux (BDEW), au 2 avril, la mise à l’arrêt provisoire des tranches les plus anciennes avait entraîné un doublement des importations d’électricité en provenance de France et de Tchèquie et une flambée des prix de l’électricité. En 2000, l’Allemagne avait décidé de fermer ses 17 centrales nucléaires au plus tard en 2021, mais le gouvernement avait décidé le 28 septembre dernier de prolonger de 12 ans en moyenne la durée d’exploitation de ces centrales.
"Pas d’alternative économiquement viable à l’énergie nucléaire en Ukraine", selon V. Ianoukovitch
L’Ukraine pourrait rejoindre le programme européen de réévaluation de la sécurité des sites nucléaires
Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a déclaré le 8 avril, au cours d’une réunion du Conseil de sécurité nationale et de défense, qu’"Il n’existe pas d’alternative économiquement viable à l’énergie nucléaire en Ukraine". Il a également estimé que Kiev devrait rejoindre le programme européen de réévaluation de la sécurité des sites nucléaires, lancé suite à l’accident de Fukushima. "Il faut être sûr que nos centrales nucléaires sont en mesure de résister aux tremblements de terre les plus violents susceptibles de frapper le territoire ukrainien", a souligné le chef de l’Etat.
Une conférence des donateurs pour le confinement de la centrale accidentée de Tchernobyl
Les dirigeants du G8, ainsi que l’Union européenne, se sont réunis le 19 avril à Kiev pour une conférence des donateurs concernant le financement du confinement de la centrale de Tchernobyl accidentée en 1986. La France va donner 47 millions d’euros, ce qui portera à 160 M€ le total de sa contribution au fonds de confinement. Au total, avec le soutien financier supplémentaire des Etats-Unis (123 M€), de la Commission européenne (110 M€), de la Russie (45 M€) et de l’Allemagne (42,4 M€), l’Ukraine aura obtenu 550 M€ de plus de 30 pays. L’objectif des 740 M€ n’a donc pas été atteint mais Thomas Mirow, président de la Banque européenne de Reconstruction et de Développement (BERD), a annoncé que 120 M€ supplémentaires pourraient être débloqués. La décision devait être ratifiée par le conseil des gouverneurs en mai prochain. Un effort qui pourrait même aller jusqu’à boucler entièrement le budget, a laissé entendre le président de la Commission européenne, José Manuel Baroso.
Les Emirats Arabes Unis entendent poursuivre leur programme nucléaire
Les Emirats Arabes Unis, qui prévoient de construire 4 réacteurs nucléaires dans les années à venir, vont poursuivre leur programme malgré la catastrophe de Fukushima au Japon, a déclaré le ministre émirati de l’Energie, Mohammed al-Hamli le 6 avril. "Les centrales nucléaires sont sûres et nous allons poursuivre notre programme visant à construire quatre nouveaux réacteurs nucléaires dans les années à venir", a déclaré M. al-Hamli au cours d’un sommet sur le pétrole à Paris. Le ministre n’a pas souhaité répondre à une question sur d’éventuels retards dans ce programme nucléaire du fait de la catastrophe de Fukushima. Fin décembre 2009, avait confié à un consortium mené par la compagnie sud-coréenne publique Kepco la construction, pour 20,4 milliards de dollars, de quatre centrales nucléaires.
La Bulgarie et la Russie devraient signer un contrat pour Belene avant le 1er juin
La Russie et la Bulgarie signeront un contrat EPC (ingénierie, approvisionnement et construction) sur la centrale nucléaire bulgare de Belene avant le 1er juin, a annoncé le 5 avril à Moscou un représentant du groupe nucléaire public russe (Rosatom). "Les parties se sont engagées à signer un contrat EPC avant le 1er juin" dans le mémorandum de compréhension et l’annexe à l’accord du 29 novembre 2006 portant sur la centrale de Belene qui ont été signés à Sofia par le russe Atomstroyexport et la compagnie nationale d’électricité bulgare NEC, selon le responsable. La centrale de Belene, qui doit être dotée de deux réacteurs de 1000 MW chacun, est un projet important de coopération russo-bulgare dans le nucléaire civil. Le coût du projet atteint 4 milliards d’euros. Le russe Atomstroyexport, vainqueur d’un appel d’offres pour la construction de la centrale, est maître d’œuvre du chantier.
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