Sommet de Copenhague : pas d’accord chiffré et contraignant
Le sommet de Copenhague sur le climat de mi-décembre s’est soldé par un "Accord de Copenhague", texte de compromis au contenu bien en-deçà des attentes. Il affirme la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle d’ici 2050, alors que les pays les moins avancés réclamaient une hausse maximale de 1,5 °C et ne contient aucun engagement chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour les pays industrialisés, les objectifs de réduction d’émissions d’ici à 2020 doivent être fixés courant janvier. L’accord ne prévoit pas non plus la création d’une instance internationale pour vérifier la mise en œuvre des engagements de chaque pays. Quelques points positifs : un financement à brève échéance de 30 milliards de dollars (21 milliards d’euros) pour aider les pays pauvres à s’adapter aux impacts du changement climatique et validation du mécanisme de lutte contre la déforestation REDD-Plus. Il prévoit également que les pays communiqueront "tous les deux ans" les actions de réduction des émissions qu’ils entreprennent. Ce qui peut être considéré comme un premier pas des pays du Sud vers une participation à un régime général de réduction des émissions. Cet accord n’a pas été signé et n’a pas caractère de traité. Ni les énergies renouvelables… ni le nucléaire ne sont pour l’instant discutés ni évalués. La prochaine conférence sur le climat de Mexico, fin 2010.
François Roussely chargé d’une étude sur l’avenir du nucléaire
N. Sarkozy a chargé début décembre l’ancien patron d’EDF, François Roussely, de conduire "une étude approfondie sur l’avenir de l’énergie nucléaire civile". "Cette étude devra envisager l’évolution du nucléaire civil à l’horizon 2030 dans l’ensemble de ses dimensions", "déboucher sur des orientations concrètes échelonnées dans le temps et [...] souligner et éclairer les décisions que devra prendre l’Etat vis-à-vis de la filière nucléaire", précise la lettre de mission. Parmi les thèmes de réflexion figurent "la place du nucléaire" dans la politique énergétique, "la sécurité et la pérennité de nos approvisionnements en uranium" ou la "compétitivité du nucléaire". En matière industrielle, N. Sarkozy demande à F. Roussely de plancher sur "l’organisation industrielle et la place de l’Etat" dans la filière, de livrer une "analyse concurrentielle" du secteur et de définir une "stratégie politique et industrielle en matière d’alliances et de partenariats".
Le CEA devient le Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives
A l’occasion de la présentation des priorités financées par l’Emprunt national, le Président de la République a annoncé le 14 décembre le nouveau nom du CEA : "II s’agit bien ici de respecter l’engagement du Gouvernement d’une parité absolue des efforts de recherche entre le nucléaire et les énergies renouvelables. Je vous annonce donc que, pour porter cette nouvelle ambition, le CEA deviendra le Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives". La nouvelle dénomination a pout but de mieux refléter les domaines de recherches menées par le CEA depuis plusieurs années dans le domaine des énergies bas carbone : nucléaire mais aussi solaire, production d’hydrogène, piles à combustible, stockage de l’électricité pour l’habitat et le transport, transformation de la biomasse en biocarburants.En juin dernier à l’Institut national de l’énergie solaire (Ines), le Président avait souhaité que la dénomination actuelle du Commissariat à l’énergie atomique évolue de façon à mieux refléter le périmètre de ses activités et à tenir compte des engagements de l’Etat à investir à parts égales dans le nucléaire et dans les énergies renouvelables. Créé en 1945 par le Général de Gaulle, le CEA avait à l’origine pour mission de permettre à la France de tirer le meilleur parti de l’atome dans les domaines de l’industrie, de la recherche et de la Défense. Aujourd’hui, le CEA intervient dans trois grands domaines d’activité : Défense et sécurité globale, technologies innovantes pour l’information et la santé et énergies décarbonées : nucléaire et énergies renouvelables.
Areva et Kepco s’associent dans le développement de la mine d’Imouraren au Niger
Areva et Kepco (Korea Electric Power Corporation) ont annoncé le 10 décembre leur accord de partenariat dans la société d’exploitation du gisement d’Imouraren, situé au Niger. Cet accord, qui s’inscrit dans la stratégie d’Areva de renforcer ses partenariats avec ses principaux clients, permettra à Kepco d’entrer de façon indirecte à hauteur de 10 % dans la société d’exploitation "Imouraren SA", détenue conjointement par Areva et l’Etat du Niger. Dans le cadre de cet accord, le groupe coréen pourra prélever 10 % de la production de la mine sur sa durée de vie ; cet uranium sera exclusivement utilisé pour alimenter ses réacteurs nationaux. L’exploitation de la mine, démarrera en 2013 avec une capacité de production initiale de 5000 tonnes par an. Elle sera conduite par la société "Imouraren SA" et s’échelonnera sur une durée de plus de 30 ans. Situé au nord du Niger, à 80 kilomètres au sud d’Arlit, le gisement d’Imouraren est aujourd’hui considéré comme l’un des principaux gisements d’uranium au monde.
Areva T&D va être vendu aux groupes Alstom et Schneider Electric
Après décision du conseil de surveillance d’Areva le 30 novembre, le groupe a annoncé son entrée en négociations exclusives avec le consortium français Alstom-Shneider Electric pour la cession d’Areva T&D, son activité Transmission et Distribution. Areva avait lancé un appel d’offres à ce sujet le 30 juin dernier et reçu 3 offres le 9 novembre de la part d’Alstom/Scheider, General Electric et Toshiba/INCJ. "Les valorisations obtenues sont voisines et toutes supérieures à quatre fois le prix d’acquisition de cette activité il y a 5 ans", a souligné Areva. La proposition retenue s’élève à 2,290 milliards d’euros en fonds propres, soit 4,090 milliards d’euros en valeur d’entreprise. (Développement)
Mise en rotation de la première cascade de centrifugeuses de l’usine Georges Besse II
Areva a annoncé le 9 décembre la mise en rotation de la première cascade de centrifugeuses dans son usine d’enrichissement d’uranium Georges Besse II, qui s’est déroulée en présence des équipes de SET (exploitant), de SGN (en charge de la maîtrise d’oeuvre) et d’ETC (fournisseur de centrifugeuses). En parallèle de l’exploitation de l’usine Georges Besse II, l’installation de nouvelles cascades de centrifugeuses va se poursuivre afin d’accroître progressivement la capacité de production de l’usine pour atteindre sa pleine capacité prévue en 2016, a indiqué Areva. Implantée sur le site nucléaire du Tricastin, entre Drôme et Vaucluse, l’usine dont le chantier a commencé il y a trois ans sera à terme constituée de deux unités d’enrichissement. Grâce à son caractère modulaire, elle atteindra une production globale de 7,5 millions d’UTS (Unité de Travail de Séparation) par an en 2016, soit deux ans avant la date initialement prévue.
Première production d’électricité à partir de MOX au Japon
Depuis le 2 décembre, la centrale de Genkai, exploitée par l’électricien Kyushu sur l’île de Kyushu, au Japon, produit de l’électricité à pleine puissance à partir de combustible MOX fourni par Areva. Le groupe avait effectué sa première livraison d’assemblages de combustible MOX au Japon en mai 2009 dans le cadre d’un contrat signé en 2006 avec Mitsubishi Heavy Industries Ltd (MHI), Melox SA étant chargée de la fabrication du combustible MOX, et MHI, de la conception du combustible pour le compte du client. Ce contrat faisait suite à ceux signés entre 2006 et 2009 avec les électriciens japonais Chubu, Kyushu, Shikoku, Kansai, EPDC et Chugoku dans le cadre du programme japonais de recyclage des combustibles usés. Ce combustible, fabriqué en 2008 à l’usine de Melox, contenait du plutonium de recyclage provenant des combustibles usés traités par l’usine Areva de La Hague.
Areva et Mitsubishi Corporation : un accord dans le domaine de l’exploration de l’uranium
Areva et Mitsubishi Corporation se sont mis d’accord fin décembre sur les termes d’un partenariat en Mongolie. Areva a invité Mitsubishi Corporation à participer au développement de son activité de prospection d’uranium en Mongolie, avec la possibilité d’acquérir 34 % des parts d’Areva Mongol, qui mène des opérations d’exploration minière en Mongolie depuis plus de 10 ans. Areva dispose actuellement de 36 licences d’exploration sur une surface de plus de 14 000 kilomètres carrés, dans les provinces de Dornogobi et Sukhbaatar.
Signature d’accords dans le nucléaire civil entre la France et la Chine
A l’occasion de la visite fin décembre à Pékin de F. Fillon, plusieurs accords et contrats ont été signés entre la France et la Chine. Areva et CGNPC (China Guangdong Nuclear Power Company) vont créer WECAN, entreprise détenue à 55 % par CGNPC et 45 % par Areva. Basée à Shenzhen, WECAN, opérationnelle début 2010 et employant plus de 2000 personnes, réalisera les études d’ingénierie et approvisionnera les îlots nucléaires des nouvelles centrales que CGNPC et Areva auront à construire en Chine : des réacteurs EPR et des centrales de 1000 MWe identiques à celles fournies par Areva à Daya Bay et Ling Ao. Areva a également remporté, via sa filiale Areva Dongfang, un contrat de près de 200 millions d’euros pour la fourniture de 24 pompes primaires à CGNPC. EDF et CGNPC ont reçu l’approbation définitive des autorités chinoises pour la création d’une joint-venture (TNPJVC : Guangdong Taishan Nuclear Power Joint Venture Company Limited) pour la construction et l’exploitation des deux EPR à Taishan, avec une participation d’EDF fixée à 30 % pour 50 ans.
Corys remporte le contrat pour le simulateur réplique pleine échelle EPR de Taishan
Corys, filiale d’Areva TA et d’EDF et Corys Simulation Technology, sa filiale chinoise, ont remporté début décembre le contrat de conception et production du simulateur réplique pleine échelle pour la centrale EPRTM de Taishan, à la suite d’un appel d’offres international de CNPEC. Le simulateur est conçu pour la formation des opérateurs et sa livraison est prévue pour juillet 2012. La salle de contrôle sera reproduite à l’identique avec l’émulation du système de contrôle-commande, les véritables panneaux de conduite et la simulation de tous les systèmes nécessaires au fonctionnement de la centrale. Corys utilisera ses propres outils ALICES et DRAC pour le développement des systèmes et des modèles de la centrale.
Suisse : ABB va moderniser des systèmes de conduite de la centrale de Leibstadt
ABB a annoncé début décembre avoir reçu de la part de la centrale nucléaire de Leibstadt une commande importante qui porte sur la modernisation de systèmes de conduite de la centrale ne relevant pas de la sûreté. Dans le cadre de ce contrat, ABB va remplacer plusieurs systèmes de contrôle-commande actuels de Leibstadt par un seul, basé sur le système 800xA. ABB se chargera de la construction de l’installation, de la mise en service et de l’essai de ce système, et s’occupera également de la modernisation du simulateur de la centrale utilisé pour la formation du personnel d’exploitation. Afin d’éviter une interruption de l’approvisionnement électrique, le projet sera réalisé dans le cadre des arrêts annuels programmés de 2011 à 2018, précise ABB.
Belgique : extension de la collaboration entre l’Université de Louvain et le SCK-CEN
Le SCK-CEN (Centre d’Etude de l’Energie Nucléaire) de Mol, en Belgique, a annoncé début décembre l’extension de sa collaboration avec l’Université Catholique de Louvain (UCL). Lors de la visite d’une délégation de l’université au SCK-CEN, les deux partenaires ont signé "un accord de collaboration afin de conjuguer leurs expertises dans les domaines de la technologie du réacteur, la radioprotection, la formation et l’entraînement. Cet accord est conclu pour une durée indéterminée". Les partenaires précisent qu’ils assureront entre autres les activités suivantes : "développement de projets de recherche communs ; échange de connaissances et de techniques spécifiques ; accompagnement de doctorats ; appui réciproque pour l’accompagnement de stages et pour la mise sur pied de programmes d’enseignement ; et mise à disposition de leurs infrastructures".
La Lituanie lance un appel d’offres pour une nouvelle centrale nucléaire
La Lituanie a lancé début décembre un appel d’offres pour la construction d’une nouvelle centrale nucléaire appelée à remplacer celle d’Ignalina, de conception soviétique, devant être fermée fin décembre conformément aux engagements pris par Vilnius auprès de l’Union européenne. Les investisseurs potentiels ont jusqu’ au 29 janvier pour déposer leur offre portant sur "le projet de nouvelle centrale nucléaire à Visaginas", dans le nord du pays, à proximité de l’ancienne centrale, selon le texte de l’appel d’offres publié au journal officiel de l’Union européenne. Les trois pays baltes se sont mis d’accord en décembre 2006 pour construire une nouvelle centrale nucléaire, projet auquel s’est associée plus tard la Pologne. La nouvelle centrale devait être opérationnelle avant 2015 mais la date a été repoussée de trois ans, en partie en raison de divergences entre les quatre partenaires sur la répartition de l’énergie produite.
L’inde se dote d’une nouvelle société pour les très grandes pièces forgées
L’entreprise publique Nuclear Power Corporation of India Ltd (NPCIL) et Larsen & Toubro (L&T), conglomérat indien spécialisé dans l’ingénierie et la construction, se sont associés début décembre dans une co-entreprise pour la fabrication d’aciers spéciaux et de très grandes pièces forgées pour le nucléaire. Ils projettent de construire une usine de fabrication sur un site de L&T situé à Hazira, dans l’Etat du Gujarat. L’usine comprendra une fonderie lui permettant de produire des lingots d’acier de 600 tonnes, et sera équipée de très grandes forges et de l’une des plus grandes presses du monde. Le but est, à terme, de rivaliser avec le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) dans la fabrication de très grandes pièces forgées pour le nucléaire. La nouvelle usine devrait démarrer en 2011, et les exportations en 2013. L’Inde ambitionne d’avoir une capacité nucléaire installée de 20 GW d’ici 2020 et entre 48 et 63 GW en 2030.
Westinghouse signe un contrat de fourniture de combustible avec Eskom
Westinghouse a signé début décembre un contrat de fourniture de combustible de 30 millions de dollars (20 M€) avec l’énergéticien sud-africain Eskom. Ce contrat stipule que Westinghouse assurera, entre 2011 et 2015, trois rechargements de combustible pour la centrale de Koeberg, près de Cape Town, qui fournit 6% de l’électricité sud-africaine. Le combustible sera produit dans l’usine de Vasteras, en Suède.
L’Argentine va construire sa 4è centrale nucléaire dans le nord du pays
Le gouvernement argentin a décidé de construire sa quatrième centrale nucléaire dans la province de Formosa, dans le nord du pays. La construction devrait durer trois ans et le futur réacteur pourra produire entre 300 et 360 mégawatts d’électricité, a-t-il précisé. Selon lui, cela "suffira pour couvrir la demande locale et cela permettra même de générer un excédent important qui pourra être exporté". Le gouvernement argentin avait évoqué la construction de cette quatrième centrale lors du lancement en août 2006 d’un plan de développement de son industrie nucléaire pour faire face aux besoins énergétiques grandissants du pays. Cet investissement de 3,5 milliards de dollars était notamment destiné à terminer la construction de sa troisième centrale, Atucha II, dont la construction a débuté en 1981 et devrait être achevée mi-2010. L’Argentine dispose depuis 1974 de la centrale nucléaire Atucha 1 et de celle d’Embalse.
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