Etats-Unis : B. Obama annonce une garantie de prêts pour la construction d’une nouvelle centrale nucléaire
"Nous annonçons environ 8 milliards de dollars en garanties de prêts pour entamer la construction de la première centrale nucléaire dans notre pays depuis près de 30 ans", a déclaré le président Obama le 16 février à Lanham (Maryland). Cette somme, investie en garanties de prêts, servira à construire une centrale dotée de deux réacteurs AP 1000 de Westinghouse sur le site de Vogtle en Géorgie. Le président a réaffirmé sa volonté de "construire une nouvelle génération de centrales nucléaires sûres et propres aux Etats-Unis", exprimée fin janvier lors de son discours sur l’Etat de l’Union. Le projet s’inscrit dans une politique de réduction des gaz à effet de serre et de la dépendance des Etats-Unis vis-à-vis des pays producteurs de pétrole. Le dispositif de garantie s’appuie sur une loi de 2005 qui autorise le département de l’Energie à garantir des prêts pour des projets privés réduisant les gaz à effet de serre. Le projet de loi budgétaire pour 2011 présenté début février par B. Obama au Congrès prévoyait un triplement du fonds de garantie pour construire des centrales, à plus de 54 milliards de dollars. Jusqu’ici, 18,5 milliards (environ 13,5 milliards d’euros) ont été alloués à ce fonds de garantie, mais c’est la première fois qu’il sera utilisé pour lancer un projet de centrale nucléaire. Le pays compte aujourd’hui 104 centrales nucléaires en fonctionnement. La plus récente, Seebrook (New Hampshire), avait été commandée en 1977 pour une entrée en service en 1990. Les réacteurs américains fournissent aujourd’hui au pays 20 % de ses besoins en électricité.
L’autorité de sûreté nucléaire américaine valide un système numérique de contrôle-commande de sûreté d’Areva
L’Autorité de sûreté nucléaire américaine (Nuclear Regulatory Commission) a autorisé début février l’installation du système numérique de contrôle-commande de sûreté d’Areva sur un réacteur nucléaire américain. Le système TELEPERM XSTM d’Areva "est, à ce jour, le seul système numérique de contrôle-commande de sûreté approuvé par la NRC", précise le groupe. Selon, Mike Rencheck, Directeur Général d’Areva Inc, "la validation de notre système numérique TELEPERM XS à l’issue d’un processus strict et rigoureux d’examen par la NRC marque une étape importante sur le marché. Nous allons maintenant pouvoir proposer ce produit de référence à l’ensemble de l’industrie nucléaire américaine". TELEPERM XS est le système de contrôle commande de sûreté intégré aux nouveaux modèles de réacteurs d’Areva, en particulier au réacteur EPR. TELEPERM XS est également destiné aux projets de modernisation et d’augmentation de puissance des centrales nucléaires en service. Cinquante-cinq de ces systèmes ont été livrés ou commandés dans le monde depuis la première installation réalisée il y a plus de dix ans.
Signature de deux accords dans le domaine nucléaire entre la France et la Jordanie
A l’occasion de la visite de F. Fillon à Amman, le ministre des Finances du Royaume de Jordanie, Khaled Toukan, président de la Jordan Atomic Energy Commission (JAEC), Anne Lauvergeon, présidente du Directoire d’Areva, et Jean-Jacques Gautrot, vice-président de Nabataean Energy (société commune entre JAEC et Areva), ont signé le 21 février un accord minier portant sur l’exploitation des ressources en uranium de la région de "Central Jordan". Cette annonce fait suite à l’accord signé entre les deux groupes en octobre 2008 pour l’exploration conjointe de la zone. Aux termes de la convention minière, Areva se voit octroyer les droits d’exploitation du gisement pour une durée de 25 ans. Le groupe poursuivra ses activités d’exploration démarrées il y a un an et réalisera, préalablement au lancement de la production, une étude de faisabilité couvrant les aspects environnementaux, économiques et techniques de la future mine. Une partie de l’uranium servirait au programme électronucléaire de la Jordanie. Cet accord "ouvre la voie à un partenariat long terme entre Areva et JAEC en vue du développement du programme nucléaire de la Jordanie", indique le groupe français. Un accord a également été signé entre les gouvernements français et jordanien pour la création d’un organisme de formation pour les ingénieurs et techniciens dans le domaine nucléaire et de l’énergie.
Areva signe avec Industrias Nucleares do Brasil un contrat de conversion pour cinq ans
Areva et INB (Industrias Nucleares do Brasil) ont annoncé le 1er février la signature d’un contrat pour la fourniture de service de conversion, permettant d’alimenter en combustible le complexe nucléaire brésilien Angra pour les 5 prochaines années (les unités 1 et 2 et prochainement l’unité 3). Cet accord sur le long terme "apporte la sécurité d’approvisionnement pour INB, et s’inscrit dans la stratégie d’Areva de développer des partenariats stables et sur le long terme avec des acteurs majeurs du nucléaire dans le monde", soulignent les deux groupes. Cette coopération "pourrait potentiellement mener à un partenariat plus important dans le domaine du cycle du combustible", indiquent les deux partenaires. La centrale nucléaire Amiral Alvaro Alberto, aussi dénommée centrale nucléaire d’Angra, est l’unique centrale nucléaire du Brésil. Elle est située à Angra dos Reis, dans l’Etat de Rio de Janeiro. Elle est constituée de deux réacteurs à eau pressurisée, Angra 1, avec une production de 657 MW, et Angra 2, avec une production de 1350 MW. En 2007, le Conseil National Brésilien de l’énergie a décidé de développer ce complexe nucléaire avec la construction de l’unité Angra 3. La connexion au réseau est attendue pour 2015.
Areva et Kepco signent leur partenariat pour la mine d’Imouraren et prévoient d’élargir leur coopération
Areva et Kepco (Korea Electric Power Corporation) ont signé le 4 février à Paris l’accord entérinant l’entrée du groupe coréen dans la mine d’Imouraren, au Niger, qui fait suite à celui déjà noué entre le groupe les deux groupes sur l’usine d’enrichissement Georges Besse 2. Kepco entre de manière indirecte à hauteur de 10 % dans la société d’exploitation Imouraren SA, détenue conjointement par Areva et l’Etat du Niger. Kepco pourra prélever 10 % de la production de la mine sur sa durée de vie pour l’alimentation exclusive des réacteurs coréens. "L’entrée de Kepco dans ce projet industriel majeur apporte un soutien significatif aux partenaires déjà investis dans le développement de la mine d’Imouraren", estime le groupe français. Le gisement d’Imouraren est aujourd’hui considéré comme l’un des principaux gisements d’uranium au monde. L’exploitation de la mine démarrera en 2013 avec une capacité de production de 5000 tonnes d’uranium par an. Elle sera conduite par la société "Imouraren SA" et s’échelonnera sur une durée de plus de 30 ans. Areva et Kepco ont également discuté des possibilités d’élargir leur coopération aux activités de conversion d’uranium, d’enrichissement et de recyclage des combustibles usés.
Lancement du site Internet du Réseau National de Mesures de la radioactivité
L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé le 2 février le lancement du site Internet du Réseau National de Mesures de la radioactivité de l’environnement (RNM) - www.mesure-radioactivite.fr – destiné à "centraliser les informations sur la radioactivité de l’environnement en France et faciliter l’accès de tous les publics, professionnels ou non, aux résultats des mesures tout en renforçant l’harmonisation et la qualité des mesures effectuées par les laboratoires agréés". Prévu par le code de la santé publique, le réseau est développé sous l’égide de l’ASN en collaboration avec l’IRSN et en partenariat avec les principaux acteurs du réseau dont le ministère de la Santé, le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, la Marine Nationale, les grands exploitants nucléaires EDF, ANDRA, AREVA, CEA, les agences sanitaires (Afssa, InVS), les associations de protection de l’environnement notamment l’ACRO. Le site centralise tous les résultats des mesures de radioactivité réalisées dans l’environnement par les différents organismes et met ces données à disposition des experts et du public. Près de 200 000 mesures ont été rassemblées dans la base de données, qui sera réactualisée avec 15 000 nouvelles mesures chaque mois en moyenne.
Italie : le gouvernement approuve un décret sur les modalités de retour au nucléaire
Le gouvernement italien a approuvé le 10 février un décret portant sur la définition des critères de localisation des futures centrales du pays, dont la construction devrait commencer en 2013 pour une mise en service prévue en 2020. Le décret stipule que les entreprises qui gèreront les centrales devront financer leur démantèlement et prévoit la création en Italie d’un dépôt et d’un centre de traitement des déchets.
Suède : un avant-projet de loi pour la construction de nouvelles centrales nucléaires
Le gouvernement suédois a présenté mi-février un avant-projet de loi qui permettrait d’autoriser la construction d’une dizaine de tranches au maximum pour remplacer les 10 unités installées aujourd’hui, qui fournissent environ la moitié du courant produit dans le pays (le solde provenant essentiellement de hydraulique). Cet avant-projet de loi mettra ainsi un terme à l’interdiction de construction de nouveaux réacteurs dans le pays, suite au referendum de 1980. Les tranches nouvelles seraient édifiées sur les trois sites nucléaires existant déjà, à savoir Forsmark, Oskarshamn et Ringhals, où sont implantés 9014 MW nucléaires. Les deux premiers sites accueillent des réacteurs à eau bouillante (trois à Forsmark et quatre à Oskarshamn), tandis que le site de Ringhals comprend trois REP (2787 MW). Le texte, dans sa version actuelle, ne prévoit pas de limitation en puissance, seulement en nombre d’unités (10). En outre, les futurs exploitants décideraient eux-mêmes de la taille des tranches. Le gouvernement a décidé de multiplier par quatre les montants que devraient débourser les exploitants en cas d’accident grave.
Espagne : début du démantèlement de Zorita
L’entreprise nationale espagnole Enresa (Empresa nacional de residuos radioactivos S.A.) a commencé mi-février les travaux de démantèlement de la centrale nucléaire José Cabrera 1, plus connue sous le nom de Zorita. Les 175 tonnes de combustible usé ont été extraites en 2006, date à laquelle la plus ancienne centrale du pays, de 142 MWe, a cessé de fonctionner. Il reste donc à Enresa environ 104 000 tonnes de matériels à retirer, dont seulement 4 % de déchets radioactifs (80 % de faible activité et 20 % de moyenne activité) qui seront envoyés au centre de stockage d’EI Cabril. Le reste sera entreposé sur le site. Selon Enresa, les opérations dureront 6 ans pour un coût évalué à 135 millions d’euros.
Urenco développe ses capacités d’enrichissement
Urenco a indiqué avoir augmenté de 10 %, soit 1,2 millions UTS (unité de travail de séparation), sa capacité d’enrichissement en 2009, pour atteindre 12,2 millions d’UTS. L’entreprise signale notamment l’extension de son site d’Almelo, aux Pays-Bas, avec un cinquième hall de cascades terminé et le début de l’installation de la sixième série de centrifugeuses. D’autres travaux d’extension devraient être lancés cette année. A fin 2009, Urenco disposait à Almelo d’une capacité de 4,4 millions d’UTS. L’usine allemande de Gronau a mis en service une nouvelle cascade de centrifugeuses en 2009, portant sa capacité à 2,75 milllions UTS à la fin de l’année. Enfin, Urenco attend, ce printemps, le feu vert de l’Autorité de sûreté nucléaire américaine (NRC) pour mettre en service une usine à Eunice, dans l’Etat du Nouveau-Mexique. L’entreprise vise à atteindre une capacité totale de 18 millions d’UTS à l’horizon 2015.
Signature d’un accord-cadre sur le nucléaire civil entre l’Inde et le Royaume-Uni
Le Royaume-Uni et l’Inde ont signé début février un accord cadre sur la coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire, a annoncé le ministre britannique des Entreprises, Peter Mandelson. L’Inde multiplie les coopérations dans nucléaire civil : elle a renforcé en décembre sa coopération avec la Russie, aux termes d’un accord qui prévoit une forte hausse des livraisons de combustible russe vers le sous-continent. Le président français Nicolas Sarkozy a pour sa part annoncé en novembre qu’il se rendrait fin mars ou début avril en Inde pour signer des accords sur le nucléaire civil. Areva a signé l’année dernière un protocole d’accord avec le groupe public Nuclear Power Corp of India pour la construction de deux réacteurs EPR en Inde.
Protocole d’accord entre la Chine et l’Ukraine dans le nucléaire civil
L’entreprise d’Etat ukrainienne National Nuclear Energy Generating Company Energoatom (NNEGC Energoatom) et la China Guangdong Nuclear Power Corporation (CGNPC) ont signé début février une un protocole d’accord en vue d’une coopération en matière d’énergie nucléaire civile début février en marge de l’assemblée générale de Wano (World Association of Nuclear Operators) à New-Delhi. Le protocole prévoit une coopération en matière de conception, de construction et d’exploitation de centrales nucléaires, ainsi que dans la maintenance. Elle couvre également la R&D et la formation. NNEGC Energoatom exploite les 15 tranches nucléaires ukrainiennes d’une puissance installée totale de 13 000 MW. La part de l’électricité d’origine nucléaire atteint presque 50 % en Ukraine.
Pose de la première pierre de la centrale de Kaliningrad
Le vice-Premier ministre Sergueï Ivanov et le directeur général de Rosatom, Sergueï Kirienko, ont posé le 25 février, la première pierre de la centrale nucléaire de Kaliningrad. Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, avait signé le 25 septembre dernier la décision finale concernant la construction de la centrale qui devrait recevoir 6,6 milliards d’investissements. Les deux tranches de la centrale, d’une capacité de 1250 mégawatts chacune, devraient entrer en activité en 2016 et 2018. La centrale est située à 20 kilomètres de la frontière lithuanienne. La centrale répond aux normes les plus strictes de l’Union Européenne, a souligné Rosatom. Le projet est ouvert aux investissements privés et étrangers à hauteur de 49 %.
Les Emirats Arabes Unis choisissent un ancien chef de l’AIEA pour conseiller dans le nucléaire civil
Un ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le Suédois Hans Blix, a été choisi fin février pour présider un conseil d’experts sur le programme nucléaire civil des Emirats Arabes Unis. H. Blix présidera le conseil de neuf membres qui se réunira deux fois par an pour aider les Emirats à développer leur programme nucléaire, selon un communiqué du ministère des Affaires présidentielles. Le diplomate suédois a été secrétaire général de l’AIEA pendant 16 ans avant de prendre sa retraite en 1998. Parmi les neuf membres, Jacques Bouchard, conseiller du CEA et ancien président du Forum Génération IV.
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