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L’actualité du nucléaire - Janvier 2012

samedi 28 janvier 2012

Centrales nucléaires françaises : un niveau de sûreté suffisant et aucune demande d’arrêt immédiat, selon l’ASN

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a rendu public le 3 janvier son rapport sur les évaluations complémentaires de sûreté (ECS) menées à la suite de l’accident de Fukushima. Ce rapport a été remis au Premier ministre.

"A l’issue des évaluations complémentaires de sûreté des installations nucléaires prioritaires, l’ASN considère que les installations examinées présentent un niveau de sûreté suffisant pour qu’elle ne demande l’arrêt immédiat d’aucune d’entre elles. Dans le même temps, l’ASN considère que la poursuite de leur exploitation nécessite d’augmenter dans les meilleurs délais, au-delà des marges de sûreté dont elles disposent déjà, leur robustesse face à des situations extrêmes", a indiqué l’ASN dans un communiqué.

L’ASN va donc imposer aux exploitants un ensemble de dispositions et renforcer les exigences de sûreté relatives à la prévention des risques naturels (séisme et inondation), à la prévention des risques liés aux autres activités industrielles, à la surveillance des sous-traitants et au traitement des non-conformités. A savoir :

- Mise en place d’un "noyau dur" de dispositions matérielles et organisationnelles permettant de maîtriser les fonctions fondamentales de sûreté dans des situations extrêmes, pour toutes les installations concernées. Les exploitants devront proposer à l’ASN avant le 30 juin 2012 le contenu et les spécifications du "noyau dur" propre à chaque installation.

- Mise en place progressive, à partir de cette année, de la "force d’action rapide nucléaire (FARN)" proposée par EDF, dispositif national d’urgence rassemblant des équipes spécialisées et des équipements permettant d’intervenir en moins de 24 heures sur un site accidenté.

- Mise en place de dispositions renforcées visant à réduire les risques de "dénoyage" du combustible dans les piscines d’entreposage des différentes installations.

- Réalisation d’études de faisabilité de dispositifs supplémentaires de protection des eaux souterraines et superficielles en cas d’accident grave dans les centrales nucléaires ou les installations de La Hague.
EDF effectuera tous les travaux recommandés par l’ASN y compris à Fessenheim

EDF a confirmé le 5 janvier, au cours d’une réunion organisée par la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, sa volonté d’effectuer dans l’ensemble de son parc de 58 réacteurs nucléaires, y compris la centrale alsacienne de Fessenheim, les travaux répondant aux recommandations faites deux jours auparavant par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans son rapport sur les Evaluations Complémentaires de Sûreté. "Nous confirmons que nous allons mener ces travaux sur l’ensemble des centrales", a déclaré Jean-Marc Miraucourt, directeur de l’ingénierie du parc nucléaire du groupe à l’issue de la réunion, tout en ajoutant que "le calendrier de mise en œuvre reste à préciser".

EDF a chiffré à 10 milliards d’euros le surcoût dû aux recommandations de l’ASN, en plus des investissements d’environ 40 milliards qu’il avait déjà programmés pour amener à 60 ans la durée d’exploitation de son parc de réacteurs. Et le p-dg d’EDF, Henri Proglio, a déclaré le 6 janvier que, malgré ces investissements, la facture d’électricité en France augmenterait "lentement" et de façon "progressive" tout en restant la moins chère d’Europe. Le ministre de l’Energie, Eric Besson, a pour sa part assuré début janvier que les factures d’électricité des Français augmenteraient au pire de 2 % en dix ans.
Deuxième réunion du Comité stratégique de filière nucléaire

Eric Besson, ministre de l’Energie, a présidé le 17 janvier la deuxième réunion plénière du Comité stratégique de filière nucléaire installé le 25 juillet, à laquelle ont notamment participé Henri Proglio, p-dg d’EDF, vice-président du Comité, Luc Oursel, président du directoire d’AREVA, Patrick Kron, p-dg d’Alstom, Catherine Cesarsky, haut-commissaire à l’énergie atomique, et Bernard Bigot, administrateur général du CEA.

Le Comité a décidé d’engager une cartographie complète de la filière, dans l’optique de la création du fonds consacré aux équipementiers et sous-traitants de l’industrie nucléaire, qui est à l’étude par le FSI (fonds stratégique d’investissement).
Par ailleurs, le Comité entend que ses travaux sur la R&D, associés à la création d’un Institut de recherche conjoint entre le CEA, EDF et AREVA, permette à l’ensemble des acteurs de la filière de bénéficier plus et mieux de la R&D de ces trois grands donneurs d’ordres et réciproquement.
Enfin, le Comité étudie l’adéquation entre les besoins de la filière en compétences et les formations disponibles, ainsi que le renforcement de l’attractivité de la filière et compte mettre en place un groupe spécifique qui traitera de l’ensemble des liens avec les sous-traitants.
Areva va fournir les systèmes de ventilation de l’enceinte de confinement de Cernavoda

Areva a annoncé le 26 janvier la signature d’un contrat avec le groupe canadien SNC-Lavalin Nucléaire pour la fourniture du système de ventilation des enceintes de confinement (Filtered Containment Venting Systems - FCVS) pour les réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Cernavoda en Roumanie. Ce contrat fait partie d’un accord global de coopération entre Areva et SNC-Lavalin portant sur les réacteurs de technologie CANDU. Le projet doit être finalisé au cours des 27 prochains mois. La technologie FCVS fait partie du programme global "Safety Alliance" à travers lequel Areva fournit une gamme de solutions en matière d’études de sûreté, de modernisation et d’amélioration des installations, qui ont pour but d’aider les électriciens à répondre aux exigences de sûreté post-Fukushima.
EDF va embaucher 6000 personnes en 2012

EDF va recruter 6000 personnes en 2012, pour l’essentiel dans le secteur nucléaire, a indiqué une porte-parole du groupe mi-janvier. En tenant compte des départs en retraite, le solde net est de 1500 recrutements, ce qui va permettre au groupe de franchir le seuil des 160 000 salariés. A la fin 2010, les effectifs du groupe s’élevaient à 158 842 personnes. Les recrutements sont en hausse depuis plusieurs années, soit 4127 en 2008, 4555 en 2009 et 5000 en 2011, la politique "active" de recrutement répondant à la fois aux départs en retraite et à "un besoin de renouveler des compétences", a précisé la porte-parole.
"L’essentiel des recrutements va être dans le nucléaire", a-t-elle précisé, ajoutant que les jeunes diplômés représentent "les trois quarts des recrutements de l’entreprise". Les 6000 recrutements, dans le groupe et ses filiales, concernent notamment la production (2900) et la distribution (1900) ainsi que les activités commerciales (635) et la recherche et développement (125).
Le ministre japonais de l’Environnement présente à l’ASN la situation actuelle à Fukushima

Goshi Hosono, qui est à la tête du ministère de l’Environnement et du ministère en charge de la Gestion des accidents nucléaires et de la Prévention des risques, et est également secrétaire d’état auprès du Premier ministre chargé de l’organisation de l’indemnisation des victimes de l’accident de Fukushima Daiichi, en visite à l’ASN le 19 janvier, a déclaré que la situation d’urgence radiologique était terminée sur le site de Fukushima et que la phase de démantèlement venait de commencer. D’une durée totale évaluée à 30 ans, elle devrait débuter avec la récupération du combustible usé de la piscine du réacteur n°4.
G. Hosono a également indiqué que le retour de la population sur les zones faiblement contaminées pourrait être envisagé au printemps 2012, une possibilité qui reste toutefois conditionnée aux progrès réalisés dans les travaux de décontamination des sols.
Enfin, G. Hosono a présenté la structure de la nouvelle Autorité de sûreté nucléaire japonaise, dont le nom provisoire est NSSA (Nuclear Safety and Security Agency), ainsi que son fonctionnement et ses responsabilités. L’ASN compte développer la coopération avec la NSSA, qui devrait être mise en place en avril 2012.
Areva signe avec Xcel Energy un contrat de fourniture de combustible pour Monticello

Areva a signé le 4 janvier avec Xcel Energy un contrat intégré unique de fourniture de combustible et de services associés, destinés à la centrale nucléaire de Monticello dans l’Etat du Minnesota (Etats-Unis). Ce contrat d’un montant d’environ 500 millions de dollars comprend la fourniture d’uranium, la conversion, l’enrichissement, la conception et la fabrication du combustible ainsi que les services d’ingénierie associés. "C’est le premier accord de ce type entre un électricien nucléaire et un fournisseur de combustible dans le pays depuis plusieurs décennies", souligne le groupe.
Selon les termes du contrat, Areva fournira six recharges de combustible, soit plus d’une décennie d’approvisionnement, à partir de 2015. Le contrat inclut la transition de la centrale de Monticello vers le tout nouveau combustible ATRIUMTM 10XM d’Areva pour réacteur à eau bouillante. Ce sera la première fois que Xcel Energy utilisera du combustible Areva dans ses centrales.
L’électricien Xcel Energy est présent dans huit Etats du Midwest et de l’ouest des Etats-Unis, avec une capacité de production totale de 16 000 MW.
Premier couplage de la maquette GUINEVERE

Le CNRS a annoncé le 11 janvier le premier couplage et donc la mise en service de l’installation expérimentale GUIVENERE, maquette reproduisant un réacteur sous-critique au plomb à neutrons rapides piloté par accélérateur, pour la recherche et les études de faisabilité d’un ADS (Système Piloté par Accélérateur) de plus grande échelle : MYRRHA (Mutlipurpose hYbrid Research Reactor for High-tech Applications), système envisagé pour réaliser la transmutation de certains déchets nucléaires. Le projet a été lancé par le Centre d’étude nucléaire belge SCK-CEN et le CNRS et réalisé dans le cadre du projet "Eurotrans" du 6e PC d’Euratom avec une douzaine de partenaires européens.

L’installation comprend le réacteur VENUS élaboré par le SCK-CEN à Mol, chargé avec de combustible fourni par le CEA et couplé avec un accélérateur de particules GENEPI-3C avec sa ligne de faisceau, fourni par le CNRS. GENEPI-3C est le deuxième accélérateur construit par le CNRS pour une expérience sur maquette d’ADS (expérience MUSE sur réacteur MASURCA au CEA, 1998-2004).
Le laboratoire souterrain de Bure prolongé jusqu’en 2030

Par décret, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs a obtenu la prolongation jusqu’en 2030 de son autorisation d’exploiter son laboratoire souterrain à Bure (Meuse. L’Andra pourra ainsi poursuivre ses recherches, expérimentations et observations, en vue de la création d’un centre de stockage profond pour les déchets radioactifs de haute activité moyenne activité à vie longue. La poursuite de l’exploitation du laboratoire permettra à l’Andra d’intégrer à ses activités de recherche et développement, un volet démonstration en vue de la construction et la mise en service du Centre industriel de stockage géologique Cigéo. Le décret permet également à l’Andra de poursuivre ses coopérations au plan international.
Le centre de stockage Cigéo entre dans sa phase de conception industrielle

Avec la signature, le 4 janvier, du contrat de maîtrise d’œuvre système entre l’Andra et le groupement Gaiya, constitué des deux sociétés d’ingénierie Technip & Ingérop, le projet de stockage profond Cigéo est entré dans une phase de conception industrielle qui permettra à l’Andra, après le débat public prévu en 2013, de demander son autorisation de création en 2015.

Cette phase consistera notamment à proposer une architecture d’ensemble du stockage, à retenir les principes de fonctionnement de Cigéo dans toutes les phases de sa vie (aspects opérationnels, génie civil, équipements, organisation du chantier et exploitation jusqu’à la fermeture des ouvrages souterrains), à estimer les délais de construction et le coût global et à fournir les données techniques qui seront nécessaires à l’élaboration du dossier de demande de création du stockage. Gaiya, spécialisé dans l’étude, le pilotage et la réalisation de grands projets industriels, en particulier dans les domaines du nucléaire et des travaux souterrains accompagnera l’Andra pendant 6 ans.
EDF ne s’oppose plus à la fusion entre Constellation et Exelon

EDF a annoncé le 17 janvier avoir conclu avec le groupe américain Exelon un accord visant à "garantir l’indépendance opérationnelle de Constellation Energy Nuclear Group (CENG)", dont il détient 49,9 %, dans le cadre du projet de fusion entre Exelon et Constellation Energy. C’est pourquoi, aux termes de cet accord, "EDF accepte de retirer son opposition au projet de fusion entre Exelon et Constellation Energy", explique le groupe dans un communiqué.
Espagne : le gouvernement demande à la CSN un avis pour la centrale de Garoña

Le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy a annoncé début janvier qu’il allait demander à l’Autorité de sûreté CSN un "avis", afin d’évaluer la prolongation de la centrale de Santa Maria de Garoña, dont la fermeture avait été fixée par décret à juillet 2013 par le gouvernement précédent. En juin 2009, la CSN s’était déjà prononcée pour la poursuite de l’exploitation de la centrale pour 10 ans, soit jusqu’en 2019. Mais le gouvernement de Jose Luis Zapatero avait décidé de ramener cette prolongation à 2013.
Espagne : sélection de la commune de Villar de Canas pour un centre d’entreposage

Le nouveau gouvernement de Mariano Rajoy a sélectionné fin décembre la commune de Villar de Canas pour accueillir un centre d’entreposage de combustibles usés, l’ATC. Cette commune de moins de 500 habitants, située en Castille-La-Manche, a été retenue parmi huit candidats. La sélection accusait un retard de sept ans et depuis un an, ce retard engendrait un coût très élevé, a souligné le porte-parole du gouvernement. En 2004, une commission parlementaire avait enjoint le gouvernement à construire un tel site, qui stockera les déchets pendant 60 ans.
Le Japon veut prolonger la durée de vie de ses réacteurs au-delà de 40 ans

Le Japon prévoit d’inscrire dans la loi que les réacteurs nucléaires pourront être exploités durant 60 ans, sous réserve d’obtention d’une autorisation spéciale au-delà de 40 ans, limite initialement envisagée, a annoncé le gouvernement le 18 janvier. "Les extensions seront exceptionnellement approuvées lorsque la sécurité est assurée", a expliqué le porte-parole du gouvernement, Osamu Fujimura. Sur le parc de 54 réacteurs nucléaires japonais, 3 ont plus de quarante ans et 16 plus de trente ans.

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