EDF sera l’exploitant du réacteur EPR de Penly
Le gouvernement a décidé mi-mai d’attribuer à EDF l’exploitation du 2è réacteur EPR, qui doit être construit à Penly (Seine-Maritime), a annoncé le patron du groupe public Henri Proglio au cours de l’assemblée générale des actionnaires du groupe d’électricité. "Ce sera sous formne d’une société dans laquelle d’autres opérateurs allemand ou belge seront partenaires financiers mais qui sera sous gestion EDF", a-t-il précisé. Jusqu’alors, le gouvernement n’avait pas décidé qui serait l’exploitant de ce réacteur. Celui-ci ne sera pas la propriété à 100 % d’EDF, qui en possédera 50% plus une action : il sera aussi détenu à 33 % par une société regroupant GDF Suez et Total, tandis que l’italien Enel et l’allemand E.ON se partageront le reste du capital.
EDF confie à Mitsubishi Heavy Industries et Comex Nucléaire la fourniture de 3 nouveaux générateurs de vapeur
EDF a attribué début mai un nouveau contrat pour la fourniture de générateurs de vapeur de remplacement 900 MW, au consortium industriel constitué par Mitsubishi Heavy Industries et Comex Nucléaire. Cela fait donc 9 générateurs de vapeur commandés au consortium en plus des 6 qui avaient été commandés à Mitsubishi Heavy Industries avec l’assistance de Comex Nucléaire. Trois ont été livrés depuis juin 2009 à la centrale EDF du Blayais. Les suivants seront livrés entre 2011 et 2017.
Le gouvernement américain accorde à Areva une garantie de prêt pour la construction d’une usine d’enrichissement
Le DOE (Department of Energy) américain a accordé le 21 mai à Areva une garantie de prêt de 2 milliards de dollars afin de faciliter le financement de l’usine d’enrichissement d’uranium, baptisée Eagle Rock, près d’Idaho Falls aux Etats-Unis. L’usine utilisera la technologie de l’ultracentrifugation. Les garanties de prêt du DOE ne sont pas des subventions. Elles permettent aux sociétés du secteur de l’énergie de bénéficier du soutien du gouvernement fédéral pour leurs projets d’énergie propre, précise le groupe. La mise en œuvre de cette garantie ne sera effective que lorsque les permis et les licences nécessaires à la mise en œuvre du projet seront obtenus. En décembre 2008, Areva a déposé auprès de l’autorité de sûreté américaine (NRC) une demande de licence pour la construction de l’usine. Sous réserve de l’obtention des permis nécessaires, la construction de l’usine devrait débuter en 2011, pour une mise en service en 2014. Elle produira 3,3 millions d’unités de travail de séparation (UTS) par an à pleine capacité. Ce projet doit également recevoir l’aval définitif du Conseil de Surveillance d’Areva.
Alstom et Schneider lancent une offre sur 20 % du capital d’Areva T&D India
Les groupes Alstom et Schneider ont lancé fin mai une offre d’achat obligatoire portant sur 20 % maximum du capital d’Areva T&D India, dans le cadre du rachat par le consortium français de la filiale du groupe nucléaire Areva. Alstom et Schneider Electric vont acquérir indirectement 72,18 % du capital d’Areva T&D lndia, société cotée sur les Bourses de Bombay et de Calcutta et sur le National Stock Exchange of India. En application de la règlementation boursière indienne sur les prises de contrôle, les deux groupes sont tenus de lancer une offre d’achat sur le flottant, portant sur un maximum de 20 % du capital. Au terme de l’opération, les deux groupes possèderont 92 % de la société, qui restera cotée, comme l’impose la réglementation indienne. Schneider et Alstom.ont acheté fin novembre pour 4 milliards d’euros la filiale Transmission et Distribution (T&D) d’Areva, le premier récupérant l’activité de moyenne tension (distribution) et le second celle de haute tension (transmission). L’opération a reçu fin mars l’aval de la Commission européenne.
Jordanie : plus que 3 réacteurs en lice, dont l’Atmea
La commission jordanienne de l’énergie atomique (JAEC) a annoncé début mai avoir présélectionné trois technologies de réacteur nucléaire sur les sept qui lui étaient présentées pour sa première centrale électronucléaire. Sont retenus l’Atmea-l de la joint-venture formée par Areva et Mitsubishi Heavy Industries, l’AES-92 d’AtomStroyExport et le Candu-6 d’Energie Atomique du Canada Ltd (AECL). L’offre du consortium sud-coréen mené par Korea Electric Power Corp. n’a en revanche pas été retenue. JAEC et son conseil, Worley Parsons, attendent désormais de ces sociétés des évaluations technico-économiques poussées à la suite de quoi des négociations seront lancées en juin et le choix définitif effectué d’ici un an. La Jordanie, qui importe actuellement 96 % de l’énergie qu’elle consomme, compte mettre en service sa première centrale électronucléaire en 2019 et tirer 30 % de son énergie totale du nucléaire d’ici la fin 2030.
Suède : feu vert à une augmentation de capacité pour Oskarshamn
Le gouvernement suédois a autorisé début mai une importante augmentation de la capacité de production du réacteur d’Oskarshamn 2. L’exploitant, le groupe OKG (filiale de l’allemand E.ON), est en effet autorisé à porter la capacité de la tranche à eau bouillante de 610 MW à 840 MW. Cette modification sera réalisée par Siemens Power Generation, qui avait remporté ce contrat en 2007. Elle consiste principalement à augmenter la capacité de production de la partie turbines. Les feux verts•ont déjà été donnés par l’autorité de sûreté (SSM) et son homologue de l’environnement.
Finlande : le gouvernement approuve une demande d’extension d’un centre de stockage en couches géologiques profondes
Le gouvernement a accepté début mai l’extension à 9000 tonnes d’uranium des capacités d’entreposage en couches géologiques profondes du centre de Posiva Oy. Cette extension permettra l’entreposage des assemblages combustibles usés de la quatrième tranche d’Olkiluoto envisagée par Teollisuuden Voima Oy (TVO). En effet,le même jour, le gouvernement avait aussi approuvé la demande de TVO concernant son projet Olkiluoto 4. Le Parlement doit se prononcer en dernière instance sur cette décision de principe. Le gouvernement finlandais avait autorisé en mai 2001 un entreposage en couches géologiques profondes. Les conditions géologiques font actuellement l’objet sur place d’une analyse de détail dans un laboratoire souterrain appelé Onkalo. Posiva prévoit de déposer sa demande de permis de construire pour le centre de stockage en 2012. Le dépôt pourrait être opérationnel en 2020.
L’Union Européenne accorde à la Bulgarie une aide financière supplémentaire pour le demantèlement de Kozloduy
Le Parlement européen a accepté fin mai le supplément budgétaire demandé par Sofia pour le démantèlement de ses quatre réacteurs VVER-440 à Kozloduy. L’arrêt de la centrale soviétique était une condition impérative pour que la Bulgarie intègre l’Union. Bruxelles s’était donc engagée en 2007 à-financer à hauteur de 210 millions d’euros le démantèlement de l’installation. Mais en octobre 2009, la Commission européenne a constaté que les travaux n’avaient pas été finis. Le Parlement européen a donc décidé d’accorder un supplément de 300 millions d’euros dont seulement 180 millions devront être consacrés à la centrale de Kozloduy, le solde devant servir à financer des mesures d’efficacité énergétique. En effet, avec l’arrêt de ces quatre réacteurs, la Bulgarie a perdu 1600 MWe de capacité de production de son réseau.
Le Japon relance le surgénérateur de Monju
Le Japon a relancé début mai le surgénérateur de Monju (centre) arrêté depuis quatorze ans. Situé dans la préfecture de Fukui, ce prototype avait été arrêté en 1995, à peine deux ans après son lancement, à la suite d’une fuite de sodium de refroidissement qui avait provoqué un incendie. L’incident n’avait pas fait de victimes. Le réacteur ne devrait fonctionner à pleine puissance qu’à partir de 2013. En relançant ce prototype, l’Agence de l’énergie atomique japonaise (JAEA) veut parfaire la mise au point de la technologie des surgénérateurs, que les autorités voudraient pouvoir commercialiser d’ici 2050. En dehors du Japon, seules la Russie et l’Inde exploitent actuellement des surgénérateurs, et la Chine espère en lancer un cette année. La France a mis un terme l’an passé à 35 ans d’exploitation de Phénix, son prototype de réacteur à neutrons rapides. Elle avait fermé le successeur de ce dernier, Superphénix, en 1997.
Le japonais Tokyo Electric Power va participer à la construction d’une centrale aux Etats-Unis
L’électricien japonais Tepco a indiqué début mai qu’il allait participer financièrement à la construction de deux réacteurs nucléaires aux Etats-Unis, une première pour un électricien japonais. Tepco a en effet signé un contrat avec la société Nuclear Innovation North America (Nina) pour intervenir dans un projet d’ajout de deux nouveaux réacteurs dans une centrale du sud du Texas. Ce sont les deux premiers modèles à eau bouillante dont se dotent les Etats-Unis. Les réacteurs, d’une puissance unitaire de 1350 mégawatts, sont conçus par le japonais Toshiba. Leur mise en service est programmée en 2016-2017. Nina est une coentreprise dédiée à ce projet détenue par Toshiba et le groupe américain NRG Energy. Tepco, qui agissait déjà en tant que conseiller technique pour ce projet, va injecter 125 millions de dollars dans une société dédiée, ce qui lui en donnera une part de 10 %. Cet achat, effectué via sa filiale aux Etats-Unis, est assorti d’une option pour 10 % supplémentaires. L’opération est toutefois soumise à l’approbation des autorités américaines.
Japon : feu vert des autorités à la construction d’une usine MOX et d’un site d’entreposage
Le ministère japonais de l’Economie et de l’Industrie (Meti) a approuvé fin mai la construction d’une usine de Mox à Aomori (nord d’Honshu). Japan Nuc1ear Fuel Ltd (JNFL) peut ainsi lancer les travaux de construction, qui devraient durer 5 ans, de l’usine d’une capacité de 130 tonnes par an. Un site d’entreposage séparé pour le combustible usé sera également installé à Mitsu City (sud de l’île) par une joint-venture réunissant Tokyo Electric Power Company (Tepco) et Japan Atomic Power Company (Japco). Sa capacité maximum devrait atteindre 3000 tonnes de combustible usé, soit près de la moitié de la consommation totale de l’archipel.
Japon/Etats-Unis : Toshiba et B&W investissent dans USEC
Le japonais Toshiba et le fabricant américain d’équipement pour centrales nucléaires B&W ont annoncé fin mai qu’ils allaient entrer dans le capital de l’américain USEC, spécialisé dans l’enrichissement d’uranium. "L’investissement de 200 millions de dollars, partagé équitablement entre Toshiba et B&W, renforcera le développement d’une centrifugeuse aux Etats-Unis et créera de nouvelles occasions d’affaires dans le cycle du combustible nucléaire", ont expliqué les trois entreprises, sans préciser quelle serait leur future part de capital. USEC cherche à obtenir des garanties de prêt du gouvernement fédéral américain, indispensables pour achever une usine d’enrichissement d’uranium par centrifugation de nouvelle génération à Piketon (Ohio), où il dispose déjà d’une unité pilote. L’entreprise avait essuyé un refus de Washington en juillet 2009 pour obtenir ces garanties pour un prêt de 2 milliards de dollars. Les autorités américaines avaient incité USEC à travailler encore pendant 12 à 18 mois pour "résoudre les problèmes technologiques" liés à ce projet avant de soumettre à nouveau sa demande.
L’américain PSEG fait étudier un site dans le New Jersey
Public Service Enterprise Group (PSEG) a déposé fin mai, auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire américaine (NRC), une demande de qualification d’un site pouvant potentiellement accueillir une nouvelle centrale. La préférence du groupe américain se porte sur une zone adjacente aux centrales en service de Salem (deux unités de 1174 MW et 1130 MW) et Hope Creek (une unité de 1061 MW) qu’il exploite dans le New Jersey. Ce processus doit permettre de déterminer si l’emplacement identifié est adapté sur le plan de la sécurité, de l’environnement et d’un point de vue de la planification d’urgence. La qualification n’ouvre pas droit à une autorisation de construction et d’exploiter qui doit, elle aussi, faire l’objet d’une demande distincte auprès de la NRC. Le permis de qualification d’un site nucléaire est valide 20 ans avec des options de 10 à 20 ans supplémentaires.
Accord russo-turc sur la construction d’une centrale en Turquie
La Russie a signé mi-mai un accord avec la Turquie pour la construction de la première centrale nucléaire turque. L’accord, signé durant une visite officielle du président russe Medvedev à Ankara, porte sur la construction et l’exploitation d’une centrale sur la côte méditerranéenne turque. Le russe Rosatom sera chargé d’y exploiter 4 réacteurs nucléaires. La construction devrait prendre au moins sept ans. "Le prix approximatif d’un tel projet est d’environ 18/20 milliards de dollars" (environ 16 milliards d’euros), a indiqué Sergueï Kirienko, directeur général de Rosatom, qui a précisé que la Russie serait propriétaire de la centrale et ajouté que son pays "n’avait jamais auparavant possédé de centrale nucléaire hors de son territoire". Rosatom pourrait ultérieurement cèder 49 % de ses parts dans la centrale. "Des investisseurs turcs sont intéressés", a déclaré S. Kirienko.
La Russie prête à investir un milliard de dollars dans l’uranium de Namibie
La Russie et la Namibie ont signé fin mai à Moscou un protocole d’accord pour explorer et exploiter conjointement des gisements d’uranium en Namibie. La Namibie est l’un des principaux producteurs mondiaux d’uranium, derrière le Kazakhstan, le Canada et l’Australie, mais elle n’exploite jusqu’à présent que deux sites. Sergueï Kirienko, directeur général de Rosatom, a indiqué que Moscou était prêt à investir un milliard de dollars dans l’exploitation des gisements de Namibie. "Si tout se passe bien, nous comptons dès cette année signer un document sur l’acquisition d’une part dans les gisements en Namibie et commencer la production", a-t-il aussi déclaré. Il a précisé que la Russie était intéressée par une participation dans les gisements eux-mêmes et non dans les groupes les exploitant.
Chine : divergence du réacteur de recherche CARR
Le réacteur de recherche China Advanced Research Reactor (CARR) a atteint le stade de criticité le 13 mai au China Institute of Atomic Energy (CIAE) de Fangshan, sur le site de Beijing. Les travaux sur ce réacteur ont commencé au début de 2002. Le réacteur est doté d’un cœur puissant (60 MWth, avec un flux de neutrons de 8.1014 neutrons/cm2/s) avec un réservoir d’eau lourde. Il sera utilisé pour des études sur la physique et la chimie nucléaires, les matériaux des réacteurs, le combustible nucléaire, la diffusion des neutrons, ainsi que pour la production de silicium dopé pour les composants électroniques, pour la neutrographie et pour la production de radio-isotopes pour la médecine.
La Malaisie envisage de mettre en service une première centrale électronucléaire en 2021
La Malaisie a annoncé début mai son intention de développer un programme nucléaire civil, avec l’entrée en service d’une première centrale d’ici 2021, afin de répondre à la croissance de sa demande énergétique. La France, la Corée du Sud, le Japon et la Chine font partie des partenaires envisagés pour développer la filière, a indiqué Peter Chin, le ministre de l’Energie, des Technologies vertes et de l’Eau. La Malaisie, qui a des ressources limitées en pétrole et gaz, fait actuellement fonctionner ses centrales au gaz, au charbon et à l’énergie hydro-électrique. La société d’Etat Tenaga estime pouvoir construire une centrale nucléaire de 1000 MW pour un coût de 3,1 milliards de dollars. P. Chin a précisé que le gouvernement avait identifié plusieurs sites possibles pour l’accueillir.
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