Des experts de l’AlEA en mission d’inspection à Fukushima fin mai
Une vingtaine d’experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) doiit se rendre en mission d’inspection à Fukushima du 24 mai au 2 juin pour analyser l’accident de la centrale Fukushima Daiichi, a annoncé l’agence le 17 mai dans un communiqué. L’équipe, qui effectuera notamment "une évaluation préliminaire des questions de sécurité" dans la centrale, sera placée sous la direction du britannique Mike Weightman, inspecteur en chef des installations nucléaires en Grande-Bretagne. Les experts échangeront aussi leurs expériences et leur expertise avec les autorités japonaises, selon le communiqué. M. Weightman présentera ses conclusions lors d’une réunion ministérielle des 151 états membres de l’agence de l’ONU sur la sécurité nucléaire qui doit se tenir du 20 au 24 juin à Vienne. "Nous faisons notre possible pour garantir la transparence, et accepter la venue d’enquêteurs de l’AlEA s’inscrit dans ce cadre, a déclaré le porte-parole du gouvernement japonais, Yukio Edano, lors d’une conférence de presse à Tokyo.
Accident de Fukushima : des conséquences sur la santé bien moindres que celles de Tchernobyl, selon l’Institut national des Sciences radiologiques du Japon
Les conséquences sur la santé des radiations provoquées par l’accident de Fukushima seront bien moindres que celles de Tchernobyl, a estimé mi-mai Makoto Akashi, de l’Institut national des Sciences radiologiques du Japon, lors d’une session spéciale en marge de l’Assemblée générale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Genève. "Nous ne pensons pas que les radiations au Japon contribueront à la multiplication des risques de cancer et de leucémie", a-t-il affirmé. Le Japon, a-t-il expliqué, a "contrôlé énormément de personnes, des travailleurs comme des habitants". Aucune victime de radiations ne nécessite actuellement de traitements médicaux, a-t-il précisé. La quantité de césium radioactif libéré dans l’atmosphère est beaucoup plus faible que celle libérée lors de l’accident de Tchernobyl, a-t-il indiqué. La directrice de la Santé publique et de l’environnement à l’OMS, Maria Neira, a estimé que la décision des autorités japonaises d’évacuer les personnes vivant à l’intérieur d’un rayon de 20 kilomètres de la centrale a empêché un impact catastrophique sur la santé publique. Le vice-ministre japonais de la Santé a indiqué que le gouvernement a l’intention de mener une étude à long terme sur la santé des résidents de la zone touchée.
Japon : arrêt de la centrale d’Hamaoka
Le Premier ministre japonais Naoto Kan a exigé le 6 mai la fermeture de la centrale d’Hamaoka, dans le centre de l’archipel, région soumise à un fort risque sismique. "J’ai ordonné [...] que Chubu Electric Power arrête les opérations de tous les réacteurs à la centrale nucléaire de Hamaoka", a déclaré N. Kan à la presse à Tokyo. "Les autorités compétentes, dont le ministère de la Science, ont estimé à 87 % les chances qu’un tremblement de terre de magnitude 8 frappe la région au cours des 30 années à venir", a expliqué le Premier ministre japonais. "Il est nécessaire de mettre en place des mesures sur les moyen et long termes, en particulier la construction de murs de protection face à la mer, qui pourraient résister" à un tsunami géant, a-t-il poursuivi. N. Kan a prévenu que la décision risquait d’entraîner une pénurie d’électricité dans la région dans un premier temps. La centrale est située à moins de 200 km au sud-ouest de Tokyo et à une centaine de kilomètres de Nagoya, métropole au cœur d’une région industrielle. Cette décision revient à fermer les réacteurs 4 et 5 et à ne pas relancer le réacteur 3, actuellement arrêté pour vérifications. Les unités 1 et 2 de cette centrale à cinq réacteurs avaient déjà été définitivement stoppées.
L’ASN définit le cahier des charges des "évaluations complémentaires de la sûreté" des installations nucléaires au regard de l’accident de Fukushima
Le 5 mai, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a adopté 12 décisions prescrivant aux exploitants d’installations nucléaires françaises la réalisation d’une évaluation complémentaire de la sûreté de leurs installations au regard de l’accident de Fukushima. Le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN), qui a contribué à l’élaboration de ces décisions, a émis le 3 mai un avis favorable sur le cahier des charges proposé par l’ASN.
L’évaluation complémentaire de sûreté consistera en une réévaluation ciblée des marges de sûreté des installations nucléaires à la lumière des événements de Fukushima, à savoir des phénomènes naturels extrêmes mettant à l’épreuve les fonctions de sûreté des installations et conduisant à un accident grave. Trois aspects principaux devront être inclus dans cette évaluation :
Les dispositions prises en compte dans le dimensionnement de l’installation et la conformité de l’installation aux exigences de conception qui lui sont applicables.
La robustesse de l’installation au-delà de ce pour quoi elle est dimensionnée ; l’exploitant identifiera les situations conduisant à une brusque dégradation des séquences accidentelles et présentera les mesures permettant de les éviter.
Toute possibilité de modification susceptible d’améliorer le niveau de sûreté de l’installation.
Ces évaluations complémentaires de sûreté concernent l’ensemble des installations nucléaires, et en priorité les centrales nucléaires. Pour ces installations prioritaires, les exploitants remettront à l’Autorité de sûreté nucléaire un premier rapport au plus tard le 15 septembre 2011. L’ASN et son appui technique, l’IRSN, analyseront ces rapports d’ici le 15 novembre 2011.
La Cour des Comptes va expertiser les coûts de la filière nucléaire
La Cour des Comptes va expertiser les coûts de la filière nucléaire
Le Premier ministre François Fillon a demandé à la Cour des comptes d’expertiser les coûts de la filière nucléaire, y compris ceux relatifs au démantèlement des installations, dans une lettre adressée le 17 mai à son Premier président Didier Migaud. En plus de l’audit qui a été demandé par le gouvernement à l’ASN sur les installations nucléaires françaises à la suite de l’accident de Fukushima, F. Fillon souhaite dans sa lettre "que soient également pris en compte, à leur bon niveau, les coûts liés au démantèlement des installations nucléaires, au recyclage des combustibles usés, au stockage des déchets, à la recherche et développement ou au contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection". La Cour des comptes a déjà mené des travaux sur ce sujet en 2005. Concernant les charges afférentes au démantèlement et à la gestion des déchets, "la Cour devra expertiser les données qui lui seront fournies par les opérateurs du secteur et recueillir les questionnements pertinents, émanant d’économistes comme d’associations de protection de l’environnement, a indiqué le Premier ministre. "Votre rapport tiendra également compte des objectifs généraux concernant la mise en service de nouveaux réacteurs et la poursuite d’exploitation des centrales nucléaires au-delà de 40 ans, tels qu’ils sont exprimés dans la programmation pluriannuelle des investissements", a-t-il poursuivi. Ce rapport devra être rendu avant le 31 janvier 2012.
Finlande : l’Autorité de sûreté finlandaise remet son rapport pour les tests de résistance
L’Autorité de sûreté et de radioprotection finlandaise (STUK) a remis le 16 mai un rapport au ministère de l’Emploi et du Commerce répondant aux "stress tests" réclamés au niveau européen. Le rapport, demandé par le gouvernement le 15 mars dernier, porte sur la sûreté des centrales nucléaires dans le pays, et leur état de préparation afin d’affronter l’impact de phénomènes naturels extrêmes. Le rapport contient également des propositions afin d’améliorer la sûreté des centrales. STUK confirme que les installations finlandaises disposent d’un haut niveau de sûreté. "Néanmoins, après les tragiques événements au Japon, il va sans dire que cette industrie doit être en perpétuel développement, afin de minimiser même le plus petit risque nucléaire", a souligné Mauri Pekkarinen, le ministre des Affaires économiques. Le ministre a ajouté qu’après l’annonce des principes mis en œuvre dans le cadre des stress tests par l’Ensreg et Wenra, il sera procédé à "des tests de sûreté très poussés pour vérifier la résistance des centrales nucléaires de l’UE à des catastrophes naturelles, comme les séismes et les inondations, ainsi que les conséquences de tout type d’accident d’origine humaine ou naturelle". Ces tests seront réalisés dans les mois à venir et le rapport sur les "stress tests" sera rendu d’ici à la fin de l’année. Le rapport présenté par STUK sera complété par ces stress tests.
Royaume-Uni : l’Autorité de sûreté nucléaire émet 26 recommandations
Dans son rapport sur la sûreté des centrales nucléaires du pays suite à l’accident de Fukushima, Mike Weightman, chef de l’Autorité de sûreté britannique (Health and Safety Executive, HSE), a émis 26 recommandations pour les centrales le 18 mai, tout en estimant qu’il n’était pas nécessaire de réduire l’activité des 19 réacteurs du pays. Il a estimé qu’un scénario "extrême" comme celui de Fukushima n’était "pas crédible" au Royaume-Uni, soulignant notamment que le pays se trouvait à plus de 1500 km de la première faille sismique. "La technologie et le modèle de nos réacteurs, en activité ou en projet, sont différents de ceux de Fukushima", a-t-il aussi noté. Il a en outre salué la "culture de sécurité appropriée" des opérateurs britanniques. M. Weightman recommande que 25 points soient passés en revue, comme les mesures pour protéger les centrales nucléaires en zones inondables ou les moyens de répondre à une coupure prolongée d’électricité, comme ce fut le cas à Fukushima. La 26e recommandation réclame qu’un plan d’action soit publié vers la mi-juin pour répondre à ces questions. M. Weightman a indiqué qu’il devait se rendre fin mai au Japon à la tête d’une équipe internationale d’experts et que son rapport final, attendu en septembre, tiendrait compte des conclusions de cette mission. Ce n’est qu’après la publication de ce rapport final que les autorités britanniques donneront leur décision sur une autorisation des réacteurs nouvelle génération de type EPR d’ Areva et AP1000 de Westinghouse.
Signature à Prague d’un accord de coopération nucléaire entre la France et la République Tchèque
Une feuille de route franco-tchèque relative à la coopération dans l’énergie nucléaire a été signée mi-mai à Prague par le ministre français de l’Industrie, Eric Besson et le ministre de l’Industrie tchèque Martin Kocourek. Ce document "couvre tous les registres de la coopération nucléaire", a souligné E. Besson, venu à Prague pour participer à un forum nucléaire international. Outre un programme conjoint de formation des étudiants et des projets de recherche et de développement, la feuille de route accorde une attention particulière aux questions de la sûreté nucléaire, selon les deux ministres. "Nous engagerons de nouvelles actions au profit de la sûreté nucléaire, sur la base d’un accord conclu d’ici la fin de l’année, entre nos autorités indépendantes", a déclaré M. Besson.
Siemens doit verser 648 millions d’euros de pénalités à Areva
Dans le cadre du différend qui a opposé Areva à Siemens à l’occasion de sa sortie d’Areva NP, pour lequel Areva a initié le 14 avril 2009 un arbitrage à l’encontre de Siemens, le tribunal arbitral, dans sa sentence rendue publique le 19 mai "a confirmé le caractère fautif du comportement de Siemens pour lequel l’entreprise devra verser 648 millions d’euros de pénalités à Areva", a annoncé le groupe français dans un communiqué. Le 27 janvier 2009, Siemens avait annoncé sa décision de sortir du capital d’Areva NP, dont elle était actionnaire à hauteur de 34 %. Et dans les jours suivant cette annonce, des représentants de l’entreprise allemande avaient fait publiquement état de négociations avec la société russe Rosatom pour la création d’une entreprise commune dans le domaine nucléaire.
Le montant des pénalités correspond à l’intégralité de la sanction prévue en cas de violation des dispositions du pacte d’actionnaires conclu entre Areva et Siemens en 2001, soit 40 % de la valeur de la participation détenue par Siemens dans Areva NP.
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