La journée a commencé par une présentation du site du Tricastin. Situé dans le sud de la France, dans la vallée du Rhône, le site nucléaire du Tricastin s’étend sur 600 hectares. C’est au sein de cette plate-forme unique en Europe que se déroule l’ensemble des opérations industrielles permettant de transformer l’uranium en combustible nucléaire. Le développement du site nucléaire du Tricastin se matérialise, notamment, par la construction d’une nouvelle usine d’enrichissement de l’uranium - Georges-Besse II – qui remplacera progressivement l’usine d’EURODIF Production.
Schéma simplifié des activités industrielles sur le site du Tricastin :
Ensuite, une présentation du procédé d’enrichissement d’uranium par diffusion gazeuse a permis aux participants de comprendre ce principe de séparation isotopique et la manière dont il a été mis en œuvre et exploité en toute sûreté depuis plus de 30 ans par la société EURODIF production, filiale d’AREVA. S’en est suivie toute une série de questions / réponses sur cette technologie, et débordant aussi sur l’autre technologie d’enrichissement : la centrifugation. Cette présentation a été très appréciée de tous grâce à la qualité technique des intervenants d’EURODIF.
Le procédé d’enrichissement par diffusion gazeuse repose sur la différence de masse entre les deux isotopes 235U et 238U. Ces deux isotopes sont combinés avec du fluor pour former de l’hexafluorure d’uranium (UF6). L’UF6 a la propriété d’être gazeux à des températures et des pressions modérées.
La molécule d’UF6 la plus légère, 235UF6, est la plus rapide dans un gaz en mouvement. Confinée dans un espace, elle frappera la paroi plus souvent qu’une molécule d’UF6 plus lourde, 238UF6. Si cette paroi est poreuse, les molécules les plus légères traverseront la paroi plus souvent que les molécules les plus lourdes et le gaz s’enrichira en 235UF6. Le diffuseur est l’élément dans lequel se fait le tri entre les isotopes. Le gaz est poussé par un compresseur dans des tubes poreux appelés barrières de diffusion. Le gaz appauvri part vers les étages précédents et le gaz enrichi est relancé vers le diffuseur suivant. Le coefficient unitaire d’enrichissement étant très petit, le processus doit être reproduit 1 400 fois à l’usine Georges-Besse d’EURODIF Production pour atteindre la teneur en uranium 235 demandée par les clients.
L’après-midi, les participants ont eu un aperçu des nombreuses installations du site via un tour commenté, qui leur a ainsi permis de mieux appréhender toute la partie amont du cycle du combustible nucléaire et la manière optimisée dont toutes ces activités industrielles sont déployées sur le site.
Vue d’ensemble du site du Tricastin :
Ensuite, les participants ont pu se rendre sur l’installation elle-même pour y découvrir la taille impressionnante des diffuseurs, compresseurs et échangeurs de chaleur qui sont les trois principaux équipements composant l’étage de diffusion. Après avoir vu les dimensions des équipements et ressenti la chaleur dégagée, les visiteurs ont pu prendre conscience de l’énergie nécessaire pour enrichir le gaz UF6 en 235U.
Les participants à la visite :
Ce fut donc une journée bien remplie et fort instructive pour les participants. LA SFEN Jeune Génération tient à remercier la Direction de la Communication d’AREVA Tricastin pour son accueil chaleureux et sa disponibilité, en particulier Karine Drubay et Annie Mousset. Un très grand merci également à Jacques Bonnetaud pour nous avoir fait partager ses nombreuses connaissances.
Guillaume Vaast, pour la SFEN Jeune Génération
Témoignage de l’un des participants :
Permettez-moi de vous envoyer ce mail pour vous remercier de votre accueil sur le centre et la qualité de votre organisation, ainsi que le niveau technologique et scientifique de nos interlocuteurs lors de la visite.
Il a bien été compris la prise en compte croissante par AREVA des enjeux de sureté de fonctionnement et en terme de transparence vis à vis des enjeux environnementaux, et surtout le haut niveau de technologie, de développement, et de mise en œuvre de solution modulaire et évolutive.
Puissent les plus hautes autorités politiques françaises apporter dans le futur un soutien sans faille à ces cycles technologiques et au maintien de ces connaissances technologiques de haut niveau.
Bien amicalement,
Philippe



