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Quel avenir pour l’énergie nucléaire ?

synthèse du colloque

lundi 9 octobre 2006 , par SFEN JG

En 2006, à l’heure où les énergies renouvelables ont le vent en poupe et malgré la relance de grands programmes à travers le monde, l’énergie nucléaire souffre toujours de problème d’image notamment concernant la problématique de gestion des déchets.

C’est dans ce contexte que le club Jeune Génération de la SFEN et l’Association Nationale des Auditeurs Jeunes de l’Institut des Hautes Etudes de Défense nationale (ANAJ-IHEDN) ont souhaité s’associer pour réfléchir le temps d’une après-midi conviviale à la question « Quel avenir pour l’énergie Nucléaire ».

La mission de l’ANAJ-IHEDN est de fournir une information approfondie sur la défense nationale comprise au sens le plus large (géostratégie, intelligence économique, sécurité civile, …). Ainsi, les acteurs actuels et futurs du monde industriel, de la recherche et de la politique se sont réunis à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence le 6 octobre dernier.

Nucléaire : une nécessité et un avenir

Laurent STRICKER, Directeur Délégué « Production – Ingénierie » d’EDF se prononce sur l’évolution du marché énergétique nucléaire. Aujourd’hui, le faible pourcentage de personnes ayant accès à l’électricité et l’augmentation prévisible de la population mondiale montre que l’énergie est devenue un bien rare et cher. Mais quel rôle peut jouer le nucléaire ? Une compétitivité reconnue, des ressources pérennes, une énergie propre et sûre sont les atouts du nucléaire pour participer au mix énergétique du futur. La production d’énergie nucléaire est une solution comme le montre les dernières annonces de certains pays européens considérés comme anti-nucléaires et le lancement de programmes de centrales nucléaires en Asie et en Amérique du Sud et du Nord. Cette évolution du marché énergétique va s’appuyer sur la génération des réacteurs actuels (Génération II) et sur la cohabitation de générations de réacteurs afin d’assurer un équilibre de la production. Ainsi, le renouvellement du parc nucléaire existant apparaît nécessaire : les réacteurs de Génération III avec notamment l’EPR™ permettront d’assurer la transition avec la génération IV.

Generation IV : des systèmes innovants

La seconde table-ronde réunissant MM. Jacques BOUCHARD, Alain BUCAILLE et Kazujiro SATO aborde le devenir de la production d’énergie grâce aux réacteurs dits de Génération IV. Conscient du besoin énergétique grandissant, le Forum International Generation IV regroupant plus de 10 pays dont les Etats-Unis, le Japon et l’UE a été créé en 2001 afin de travailler sur la nouvelle génération de réacteurs. Cette nouvelle technologie a pour but de réduire la production de déchets et d’économiser les ressources en combustible tout en assurant la non prolifération et une protection physique des matières fissiles. 6 concepts de réacteurs ont été retenus dont 5 sont des réacteurs à neutrons rapides (réacteur rapide à sodium, au plomb ou plomb/bismuth, à caloporteur gaz, à eau supercritique ou à sels fondus). Le sixième est un réacteur à très haute température dont son application principale est la production d’hydrogène. Le développement de ces réacteurs nucléaires ouvrent des voies intéressantes à d’autres applications que la production d’électricité : dessalement, production d’hydrogène. Autant de défis que les jeunes chercheurs et ingénieurs du nucléaire devront relever.

ITER : la maîtrise de la fusion

Dans la dernière table-ronde, Mme AMENC-ANTONI et MM. CHATELIER, GARDERET abordent la maîtrise de la fusion thermonucléaire, sujet très important pour la région PACA et le monde scientifique grâce à ITER. Ce projet devient la nouvelle référence pour d’autres grands projets scientifiques. Les défis technologiques (plasma, matériaux de structure,..) et organisationnels (interfaces entre les agences « domestiques » et ITER, exploitant nucléaire international, gestion des compétences techniques,..) font partie de la réussite d’ITER.

Une responsabilité de chacun

M. le Député KERT a conclu cette après-midi savante en indiquant que le nucléaire est devenu une préoccupation essentielle et que les politiques ont la responsabilité de faire admettre à la société civile l’absolue nécessité de persévérer dans le nucléaire.

Merci à l’ANAJ-IHEDN, à la SFEN nationale, au groupe régional SFEN PACA et aux nombreux sponsors qui ont soutenu l’initiative. Merci également à l’ensemble des intervenants qui ont répondu présents et qui ont été sensibles à cette initiative.

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