Pour mieux comprendre ces mouvements qui structurent le futur de l’industrie nucléaire, voici une sélection d’articles de la presse japonaise (parce que c’est là que ça bouge) qui commentent ces regroupements, pour former 3 concurrents majeurs présents sur tout le cycle du comustible sur le modèle d’AREVA (Modèle AREVA). Toshiba est le plus aggressif et a déjà décroché de nombreux contrats aux Etats-Unis par Westinghouse, et procède à des rachats pour élargir sa présence sur tout le cyle du combustible.
(les articles sont issus des traductions du Service Nucleaire de l’Ambassade de France au Japon)
MHI et Areva vont coopérer dans le domaine du combustible
MHI lance la procédure de certification pour l’EU-APWR
Toshiba accentue sa position de leader aux Etats-Unis
Toshiba signe un accord-cadre avec AtomEnergoProm
Construction de centrales : la concurrence s’intensifie entre entreprises japonaises
Toshiba sounded the 2 mother companies of NFI for the purchase of NFI
Hitachi concentrates its effort on Canadian market
MHI et Areva vont coopérer dans le domaine du combustible
MHI (Mitsubishi Heavy Industries) et le français Areva ont décidé de développer une activité commune dans le domaine du combustible nucléaire. L’accord porte sur la fabrication de combustibles, y compris MOX, destinés à différents types de réacteurs (REP, REB, réacteurs haute température, etc.). Un mémorandum d’accord a été signé le 11 avril par le président M. Ohmiya et le PDG d’Areva Mme Lauvergeon, de passage au Japon. Le chairman M. Tsukuda assistait également à la signature. Les modalités concrètes devraient être finalisées d’ici la fin de l’année. L’accord sera limité dans un premier temps au Japon, mais les discussions se poursuivront concernant une éventuelle prise de participation de MHI dans les installations de fabricaion qu’Areva possède aux Etats-Unis. Le président Ohmiya a déclaré : « Nous allons introduire les technologies de fabrication de combustible REB, en plus du combustible REP, ce qui nous permettra de nous lancer également dans cette activité ». Mme Lauvergeon a déclaré de son côté : « Pour faire passer nos relations à l’étape suivante, il était tout à fait naturel de signer un accord dans le domaine du combustible ». Au cours de la discussion, les deux parties ont confirmé que la conception du réacteur ATMEA1 (1100 MW), développé en commun, serait achevée à la fin de l’année prochaine. La filiale commune ATMEA, créée récemment en France, a déjà démarré l’activité de prospection commerciale. Il a également été confirmé que la coopération dans le domaine de la fabrication d’équipements de centrales, qui a débuté avec les équipements destinés à l’EPR de la tranche 3 d’Olkiluoto, en Finlande, sera étendue aux autres projets, en particulier aux deux tranches EPR pour lesquelles Areva a soumissionné en Afrique du sud.
JAIF Weekly du 17 avril - retour en haut de page
MHI lance la procédure de certification pour l’EU-APWR
MHI (Mitsubishi Heavy Industries) a annoncé le 17 mars qu’il comptait lancer une version de son réacteur APWR (1700 MW) spécialement adaptée au marché européen. Ce développement suit l’introduction sur le marché américain du réacteur US-APWR, dont la conception est très voisine. C’est la première fois qu’une entreprise japonaise entend s’attaquer au marché européen des réacteurs de forte puissance.
Le réacteur EU-APWR est basé sur l’APWR de 1538 MW adopté sur les tranches 3 et 4 de la centrale de Tsuruga, exploitée par Japco (Japan Atomic Power Company). Mais il incorporera un certain nombre de modifications destinées à répondre aux spécificités de la réglementation européenne et aux besoins des électriciens.
Comme son frère américain, l’EU-APWR offre une puissance de 1700 MW et se caractérise par d’excellentes performances au niveau du coût de construction et d’exploitation : rendement thermique de 39% (niveau atteint par aucun autre réacteur dans le monde), réduction du volume des bâtiments de 20%, cycle de combustible porté à 24 mois.
MHI s’apprête à lancer la procédure de certification EUR (European Utility Requirements).
Cet ensemble de spécifications, qui vise à harmoniser les conditions de développement des réacteurs de génération III devant être construits en Europe, a été développé par un groupe de 16 opérateurs électriques européens à partir des années 90. L’obtention de cette certification devrait intervenir en 2010.
Lors d’un séminaire organisé les 13 et 14 mars à Bruxelles, MHI a présenté à 13 électriciens européens le résultat d’une étude préliminaire relative à la conformité du réacteur avec les exigences EUR. Les discussions animées qui ont eu lieu au cours de ces deux jours ont reflété l’intérêt élevé des opérateurs européens pour ce réacteur.
Le nucléaire fait actuellement l’objet d’une réévaluation en Europe, comme c’est le cas dans le monde, et plusieurs dizaines de tranches pourraient être construites dans les vingt prochaines années. En parallèle avec le processus de certification, MHI entend développer une activité commerciale dynamique afin de promouvoir le réacteur EU-APWR auprès des électriciens européens.
Denki Shimbun du 18 mars - retour en haut de page
Toshiba accentue sa position de leader aux Etats-Unis
On a appris le 9 avril que Toshiba était dans la phase finale de négociations avec Progress Energy pour la construction de deux tranches nucléaires dans l’Etat de Floride. Le même jour, Toshiba a reçu officiellement la commande de deux tranches dans l’Etat de Géorgie. Au total, le carnet de commandes de Toshiba aux Etats-Unis s’élève actuellement à huit tranches, pour un montant total avoisinant les 3000 milliards de yen. Toshiba accentue sa position de leader sur le marché américain, en pleine croissance.
Progress Energy prévoit de construire deux tranches dans l’Etat de Floride. Il est probable qu’il s’agira de réacteurs AP 1000, le dernier modèle de REP développé par Westinghouse. Le coût total du contrat est estimé à 700 milliards de yen. La mise en service est prévue pour 2016 au plus tôt.
Westinghouse (aujourd’hui dans le giron Toshiba) a reçu de cet électricien la commande des équipements dont la fabrication est longue. Il s’agit probablement des cuves, des équipements de réacteur, etc. La commande de ces équipements constituant généralement le préambule à la signature du contrat global, il est probable que Toshiba recevra la commande de ces deux tranches.
Dans le même temps, Toshiba a annoncé que Westinghouse a reçu de Southern Electric Power la commande de deux tranches à construire dans l’Etat de Géorgie. Le montant du contrat est estimé à 750 milliards de yen.
L’entreprise américaine est également dans la phase finale de négociations avec Scana Energy concernant deux tranches à construre dans l’Etat de Caroline du Sud. A la fin mars, Toshiba avait reçu de NRG Energy la commande de deux tranches de REBA devant être construites dans le Texas. Au total, Toshiba-WH a déjà reçu la commande de huit tranches sur le sol américain.
Les Etats-Unis projettent de construire environ 30 réacteurs nucléaires dans les vingt prochaines années. Toshiba espère s’adjuger au moins la moitié de ces commandes. Au total, dans le monde, c’est plus de 150 réacteurs dont la construction est actuellement envisagée.
Nikkan Kogyo Shimbun du 10 avril - retour en haut de page
Toshiba signe un accord-cadre avec AtomEnergoProm
Toshiba a signé un accord-cadre avec le russe AtomEnergoProm. La coopération, d’une portée très large, porte sur la construction de centrales, les activités liées au cycle du combustible, etc. L’étude concrète des différents projets démarrera prochainement.
Le président de Toshiba M. Nishida assistait à la cérémonie de signature, qui a eu lieu le 20 mars à Moscou. Par le biais de cet accord, Toshiba se place sur le marché russe du nucléaire civil, qui devrait connaître une croissance rapide dans les prochaines années. La Russie prévoit en effet de construire 26 tranches nucléaires dans les onze ans à venir. M. Kirienko, le président de Rosatom, l’entreprise qui supervise l’ensemble des activités nucléaires russes, y compris militaires, a déclaré : « Je suis persuadé que notre relation de coopération sera efficace et réciproque ». Le directeur de l’ANRE (Agency for Natural Resources and Energy) M. Mochizuki a déclaré de son côté : « Le fait de promouvoir la coopération dans les utilisations pacifiques de l’atome, tout en garantissant la non-prolifération et la sûreté, est très important pour nos deux pays ».
Asahi Shimbun du 21 mars - retour en haut de page
Construction de centrales : la concurrence s’intensifie entre entreprises japonaises
L’intensification de la concurrence sur le marché américain de la construction de centrales devrait aboutir à l’arrêt de la coopération technique que Hitachi-GE avait avec Toshiba dans le domaine nucléaire. Hitachi essaie de rattraper son concurrent, qui l’a devancé dans les premières commandes aux Etats-Unis. MHI-AREVA, spécialisé dans les REP, vise également à accroître ses commandes en Chine, où le marché va connaître une croissance spectaculaire. Le domaine du nucléaire civil, qui était dominé dans les années 50-60 par les entreprises américaines et européennes, est en train de devenir un champ de bataille entre entreprises japonaises.
L’activité de construction de centrales nucléaires était dominée dans les années 60 par les entreprises étrangères (General Electric, Westinghouse, etc.). Par la suite, les entreprises japonaises (Hitachi, Toshiba et MHI) sont entrées sur le marché par le biais de licences et d’accords de coopération.
Après l’accident de Three Miles Island (1979), les Etats-Unis ont décidé un gel de la construction de centrales. Mais avec la prise de conscience à l’échelle mondiale de la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, il est devenu plus difficile de construire des centrales thermiques à fioul ou à charbon.
C’est ainsi que les Etats-Unis projettent aujourd’hui de construire plus de 30 tranches dans les vingt prochaines années. La Chine prévoit elle aussi de se doter d’un parc électronucléaire important afin de couvrir la demande en électricité, qui explose avec la croissance économique.
Pendant que le marché américain était de facto gelé, les entreprises japonaises ont construit des centrales sur le marché intérieur et développé leurs propres technologies.
Si Hitachi-GE a créé l’année dernière une filiale aux Etats-Unis, c’est pour contrer Toshiba-WH, qui l’avait devancé au niveau de la prospection commerciale. C’est en effet Toshiba qui a remporté la commande du premier réacteur qui sera construit depuis l’accident de TMI.
Cette intensification de la concurrence sur le marché américain devrait aboutir à la suspension de la coopération technique qui existait entre les deux entreprises depuis 1967.
Toshiba-WH a remporté en juillet dernier la commande de quatre tranches en Chine et, depuis le début de l’année, il a été choisi officieusement pour la construction de six réacteurs aux Etats-Unis. A ce rythme, l’investissement de 600 milliards de yen qu’a représenté le rachat de Westinghouse devrait être rentabilisé en 2014.
Hitachi a annoncé le mois dernier un bilan consolidé négatif. Ses activités écrans plats et disques durs sont en difficulté, et l’entreprise compte se recentrer sur l’énergie, le nucléaire, etc. La réception d’une seule commande de centrale nucléaire permet en effet de dégager un bénéfice de plusieurs dizaines de milliards de yen. Le président Furukawa déclare : « La construction de centrales connaît actuellement un boom à l’échelle mondiale. Le nucléaire est une énergie propre, et Hitachi possède de nombreuses technologies ».
Yomiuri Shimbun du 21 avril ; texte intégral - retour en haut de page
Toshiba sounded the 2 mother companies of NFI for the purchase of NFI
On April 10th, the top management of Furukawa Electric Industry and Sumitomo Electric told that Toshiba is sounding them to purchase NFI.
Toshiba has recently received an order of constructing 2 ABWR in USA. More over, its affiliated company, Westinghouse, has a good perspective to receive orders for AP1000.
Toshiba can reinforce its supply power of nuclear fuel by purchasing NFI. This will also increase the competing power of Toshiba in world nuclear plant market.
NFI is nuclear fuel maker shared equally by Furukawa Electric Industry and Sumitomo Electric. There are 3 fuel makers in Japan including NFI, and NFI is an only one maker of both BWR and PWR fuels.
Toshiba expects to have a synergy effect by having NFI in its group, as the group shall construct abroad both BWR and PWR plants.
The top management of mother companies of NFI confessed that Toshiba sounded them for the purchase of NFI, but they did not say if the negotiation is undergoing. On the contrary, Toshiba said there is not a fact that Toshiba is examining the acquisition of NFI.
Denki Shinbun of April 11th 2008 - retour en haut de page
Hitachi concentrates its effort on Canadian market
It was revealed on April 10th that Hitachi and GE try to obtain the order in Canada together with AECL. Ontario federal government is planning to organize an international bid for more than 10 reactors, including replacement of existing ones. The inquiry for bid was sent to AECL group (including Hitachi and GE), AREVA, Toshiba/WH as well as to GE-Hitachi Nuclear Energy. Ontario government said on April 9th that GE-Hitachi Nuclear Energy withdrew from the bid. It seems that GE-Hitachi had judged that participation in this bid as AECL team would have better chance than to sell ESBWR.
AECL had already created “Team CANDU” with 5 makers, such as GE-Hitachi Nuclear Energy Canada and Hitachi Canada, etc. In this organization, the role of each maker is already fixed. Hitachi top management told that, in case AECL receives an order for ACR1000, Hitachi shall be in charge of supply of steam turbine generators.
Denki Shinbun of April 11th 2008 - retour en haut de page