SFEN Jeune Génération

Sebastien ORMIERES

jeudi 5 février 2009

Ingénieur d’étude EDF/CIDEN Gestion des déchets

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Parcours universitaire

Après une prépa scientifique sur Lyon (MP), j’ai intégré une école ENSI : l’ENSEEG (Ecole Nationale d’Electrochimie et d’Electrométallurgie de Grenoble). Cette école fait partie des écoles INPG. Depuis cette année (2008), son nom a changé afin d’être plus « à la mode ». Elle a fusionné avec d’autres écoles de l’INPG pour former l’Ecole PHELMA (Ecole d’Ingénieurs de Physique, électronique, matériaux). Durant le cursus de l’école, je me suis spécialisé sur le process industriel en général afin d’obtenir un diplôme en ingénieur génie des procédés. En plus de l’intérêt pour la connaissance des process, ce diplôme m’a paru assez « vaste » pour faciliter ma recherche d’emploi. Je suis sorti de l’Ecole fin août 2000 pour être embauché en septembre 2000 à EDF.

Lieu de travail : EDF/CIDEN (Villeurbanne – 69)

Avant d’atterrir en région Rhône Alpes, j’ai passé 4 ans à la R&D d’EDF en région parisienne. Je faisais partie d’une équipe d’une dizaine de personne et j’étais « expert sectoriel papier/textile/imprimerie ». La mission consistait à tout savoir sur les process des clients d’EDF (les papetiers ont d’énormes machines de fabrication de papier et sont l’un des plus gros consommateurs d’énergie). J’accompagnais les commerciaux et proposais des solutions techniques sur certains problèmes environnementaux (entre autres) que les laboratoires de la R&D pouvaient résoudre. Après 4 ans passés à travers un tissu industriel non nucléaire, il m’est apparu indispensable, ayant la casquette EDF, de connaître ce qu’est un becquerel. J’ai donc demandé une mutation pour le CIDEN que j’ai rejoint en mai 2004. Le CIDEN est l’un des six centres d’ingénierie de la DIN (Division Ingénierie Nucléaire) au sein de la DPI (Division Production Ingénierie) d’EDF, et compte environ 540 employés (65% d’ingénieurs et de cadres). Le CIDEN exerce ses missions dans 3 domaines : la maîtrise d’ouvrage de la déconstruction de 9 tranches nucléaires réparties sur 6 sites, l’expertise en matière d’impact environnemental et d’assainissement, et l’expertise en matière de gestion des déchets issus de la déconstruction (déchets conventionnels et nucléaires) et de l’aval du cycle du combustible (stockage profond, stockage graphite,…). Pour cela, il met en jeu des disciplines scientifiques variées : génie civil, sécurité, sûreté, radioprotection, études d’impacts sanitaires et environnementales, gestion des déchets.

Métier

Mon boulot est très diversifié du fait de la spécificité « déchet ». En effet, quelle que soit la façon de démanteler choisie, la question des déchets se pose. Les divers sujets sur lequel je travaille sont les suivant : • Zonage déchet : la réglementation sur la gestion des déchets est basée en France sur le « zonage » des déchets (la France n’a pas de seuil de « libération », un déchet en zone nucléaire est considéré comme un déchet nucléaire, même s’il ne présente aucune contamination…). Mon rôle est d’animer le domaine du zonage pour l’ensemble des sites en déconstruction (déclassement – passage de nucléaire à conventionnel, appui réglementaire et appui technique pour les autres métiers du démantèlement). • Assainissement du Génie Civil : les autorités laissent la possibilité de « gratter » la partie contaminée d’un mur et de le rendre non nucléaire. La procédure est relativement complexe. Mon rôle est d’être un appui technique sur le sujet pour les sites en démantèlement et également pour les études en cours. • Recyclage de déchets nucléaires : certaines pistes sont élaborées pour permettre de recycler dans le domaine nucléaire des déchets initialement nucléaires. Un partage avec les autres industriels est très enrichissant (CEA, AREVA, ANDRA). • Conseiller technique et réglementaire sur la gestion des déchets conventionnels (non nucléaire) : une des missions du CIDEN est d’être l’une des références environnement du groupe EDF SA. J’ai à ce titre la mission de conseiller l’ensemble des sites EDF sur leur gestion des déchets conventionnels (les centrales nucléaires en démantèlement mais aussi en exploitation, thermique, hydraulique, les centres de recherche, les centres d’ingénierie). Au total près de 100 000 tonnes de déchets sont évacuées chaque année (hors cendre). Cette mission est très vaste et s’accompagne de la mise à jour des différents outils (informatiques ou documentaires) mis à la disposition pour l’ensemble des entités d’EDF. A ce titre je fais parti de certains groupes de travail ou de réseau sur la réglementation,

Avant ces missions, j’ai eu l’opportunité au sein du CIDEN de piloter un avant-projet consolidé visant à démanteler le bâtiment des générateurs de vapeur de la centrale nucléaire de Creys-Malville (1200 tonnes de déchets nucléaires, 5500 t de déchets conventionnels). Ce type d’étude permet de se rendre compte que pour démanteler, il faut prendre en compte de nombreuses exigences : sécurité, sûreté, radioprotection, gestion des déchets, inventaire, facteur humain, tenue du génie civil…, ce qui élargit les horizons.

En somme j’ai beaucoup de casquettes qui permettent de bien remplir une journée.

Conditions et ambiance de travail

Le CIDEN comprend un siège (à Villeurbanne), où je travaille et qui concentre les activités d’études, et 6 sites en déconstruction répartis en France. L’entité dans laquelle je travaille depuis 4 ans est relativement jeune, mais certains « anciens » ne sont pas en reste pour mettre de l’ambiance ! Du fait de ma fonction, je ne passe pas tout mon temps derrière un ordinateur. Je suis régulièrement sollicité par mes collèges sur mes domaines d’expertise et je travaille beaucoup en réseau : avec les correspondants déchets des sites CIDEN, mais aussi avec tous ceux dans l’entreprise qui doivent gérer des déchets. Je rencontre aussi assez souvent des entreprises extérieures (AREVA, CEA, entreprises spécialisées dans la gestion des déchets conventionnels) et plus rarement les autorités (ASN). De ce fait, je me déplace assez souvent, à Paris ou sur des sites de production, nucléaires ou pas. L’activité est donc dense, et la contrainte des délais plus forte que dans une activité de R&D. Chaque année depuis 8 ans, j’accueille aussi un stagiaire ou un apprenti, qui apporte toujours un regard neuf et très intéressant.

EDF est pour moi une entreprise passionnante qui permet de changer catégoriquement de travail tous les 4 ans si on le souhaite... Un régal qui permet tous les matins (ou presque) de se lever avec le sourire en allant travailler !

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