Croissance et accès à l’énergie
Le développement économique est étroitement lié à l’accès à l’énergie. Il est donc surprenant de constater que l’on admet couramment des taux de croissance importants alors qu’une forte augmentation de la demande énergétique semble choquer. A ce titre il faut noter qu’à l’heure actuelle 4 milliards de personnes ont accès à l’énergie contre 2,5 milliards qui en sont privées. D’ici 2050 la population va croître de 2,5 milliards de personnes et il faudra alors subvenir à la demande énergétique de 5 milliards de personnes, soit plus que celle à laquelle on répond aujourd’hui.
Le pic pétrolier en question
En ce qui concerne la problématique du pic pétrolier, elle n’en est pas véritablement une selon A. Bucaille. En effet, il est possible de fabriquer du pétrole à partir d’autres sources. Le pic gazier est nettement plus problématique et ce qui risque d’induire une modification des comportements est le changement climatique bien plus que l’épuisement des réserves. Ce problème est présenté comme un problème macro-économique sans précédent (900 G$/an). Les politiques énergétiques ne peuvent plus s’envisager au seul plan national.
Dans un tel contexte, les économies d’énergie sont indispensables et il est idiot d’opposer énergies renouvelables à nucléaire et nucléaire à séquestration. D’ailleurs, une erreur en France selon A. Bucaille, est que les énergies renouvelables sont systématiquement associées à la production d’électricité.
Communication : importance du rapport rationnel/émotionnel
Pour terminer, mentionnons l’approche particulièrement intéressante d’A. Bucaille qui présente l’intérêt d’une politique de communication pesée et adaptée. En s’opposant frontalement à certaines idées reçues, le public ne sera jamais réceptif. Par exemple, pour le stockage des déchets, il ne faut pas nier les 3 infinis. Le premier infini est un infini de temps : comment affirmer que le stockage de déchets ne posera pas de problème étant donnés les horizons de temps mis en jeu (aucune expérience n’a été réalisée sur ces échelles de temps). Le second infini concerne la masse : vu les quantités d’énergie considérées, les masses correspondantes sont forcément gigantesques. Le dernier infini est celui de l’espace : les déchets finiront fatalement par occuper des surfaces croissantes, du département à la région. Enfin, la communication doit être adaptée : en ce qui concerne le stockage des déchets, les arguments d’ordre géologique ne parlent pas aux personnes éloignées du site, et pour ce qui est des économies d’énergie, être un bon éco-citoyen motive bien moins que de réaliser des économies visibles au niveau du porte-monnaie.